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Le PAM, un soutien vital pour aider les familles à résister à la crise silencieuse de la malnutrition en Afghanistan

Une série de chocs aggrave la faim dans ce pays d'Asie centrale. Les femmes et les enfants sont les plus touchés.
, Danijela Milic
A woman in a face-covering headscarf and long robe sits on a rug surrounded by her small children. Photo: Danijela Milic
Raqiba Ahmadi dépend de l’assistance du PAM pour nourrir ses enfants. Malgré cela, le quotidien reste un combat. Photo : PAM/Danijela Milic

Pour Raqiba Ahmadi, la faim est une réalité quotidienne. Mère de six enfants, elle a souvent été confrontée à des dilemmes déchirants : décider qui mangerait d’abord, qui devrait patienter, et jusqu’à quand les provisions pourraient suffire. Chaque jour, la survie se joue dans des choix calculés au plus près, dont le poids repose presque entièrement sur ses épaules.

À Faizabad, la ville du nord‑est de l’Afghanistan où elle vit, les crises se succèdent et les familles se battent au quotidien pour survivre. Comme partout ailleurs dans le pays, l’urgence silencieuse de la malnutrition menace l’avenir de millions d’enfants et de mères. Ahmadi espère que sa famille échappera à ce destin.

« La maigre nourriture que nous pouvons nous offrir, nous la réservons aux enfants, mais ce n’est jamais suffisant », confie‑t‑elle. Sa plus jeune fille se remet tout juste d’un épisode de malnutrition, tandis que son mari reste sans emploi.

« Des programmes comme l’assistance alimentaire sont indispensables et ne peuvent en aucun cas être considérés comme optionnels. » — John Aylieff, Directeur pays du PAM en Afghanistan

Pour Ahmadi, comme pour tant d’autres Afghans, l’existence est devenue toujours plus fragile. Le pays traverse une série de crises entremêlées, marquées par l’effondrement économique, la perte des moyens de subsistance et la multiplication des chocs climatiques extrêmes.

Plus récemment, la montée des tensions régionales — des répercussions de la crise au Moyen‑Orient aux fermetures de frontières liées à l’escalade des hostilités avec le Pakistan — a perturbé les chaînes d’approvisionnement, provoquant une nouvelle hausse des prix et aggravant l’insécurité alimentaire et nutritionnelle. Pour le Programme alimentaire mondial (PAM), cela s’est traduit par l’épuisement des stocks d’aliments spécialisés destinés à aider les femmes et les enfants à se remettre de la malnutrition.

« Des programmes tels que l’assistance nutritionnelle sont essentiels et non optionnels », déclare John Aylieff, directeur pays du Programme alimentaire mondial (PAM) en Afghanistan, où, au‑delà du soutien nutritionnel, le PAM fournit également des rations alimentaires aux familles afghanes les plus vulnérables. « Ils constituent une bouée de sauvetage pour des millions de femmes et d’enfants à travers le pays. Mais malheureusement, cette bouée de sauvetage a déjà été rompue, mettant en danger la vie de centaines de milliers de mères et d’enfants. »

Afghan women in long headscarves and robes line up for WFP assistance. Photo: WFP/Philippe Kropf
Près de 5 millions d’enfants ainsi que de femmes enceintes et allaitantes souffrent de malnutrition en Afghanistan. Photo : PAM/Philippe Kropf

Avant même les chocs les plus récents, le pays faisait déjà face à des niveaux records de faim et de malnutrition. Aujourd’hui, plus de 13,8 millions de personnes sont en situation d’insécurité alimentaire aiguë, et près de 5 millions d’enfants ainsi que de femmes enceintes ou allaitantes souffrent de malnutrition.

L’an dernier, le PAM a soutenu plus de 12,4 millions d’Afghans grâce à des rations alimentaires et à une assistance nutritionnelle. Près des trois quarts d’entre eux — soit 9,1 millions de personnes — étaient des femmes et des enfants, comme Ahmadi et les siens. Toutefois, les coupes budgétaires nous ont contraints à réduire drastiquement notre aide. Aujourd’hui, l’assistance du PAM n’atteint plus qu’une infime partie des mères et des enfants sous-alimentés en Afghanistan — et même ce soutien reste menacé par de nouvelles réductions.

« Le soutien nutritionnel empêche les enfants de sombrer davantage dans la malnutrition », explique John Aylieff, directeur pays du PAM. « Il permet aussi aux mères de protéger leurs familles face aux chocs économiques et climatiques constants. Sans un accès transfrontalier fiable et des financements durables, nous risquons de faire basculer des milliers de mères et d’enfants supplémentaires dans une malnutrition mettant leur vie en danger. »

Des horizons qui se referment

Women in long robes and headscarves are gathered in a circle as one of them lays out fabric. Photo: WFP/Simon Renk
Un atelier de couture soutenu par le PAM à Mazar‑e‑Sharif, en Afghanistan. Il offre aux femmes une opportunité de subsistance qui disparaît dans de nombreuses régions du pays. Photo : PAM/Simon Renk

Alors que les perspectives économiques s’effondrent et que les restrictions entourant la vie des femmes se durcissent, Ahmadi n’a guère d’autre choix que de rester à la maison pour s’occuper de ses enfants, pendant que son mari cherche chaque jour du travail journalier. Le petit potager familial et quelques animaux — des poules et une chèvre — apportent un soutien limité, à peine suffisant pour répondre aux besoins les plus élémentaires.

« Nous n’avons pas de travail et aucune source de revenus », explique‑t‑elle. « Quand nous avons de la nourriture, je la prépare pour les enfants. »

Un matin récent, Ahmadi parcourt les 5 kilomètres qui séparent sa modeste maison en pierre d’une clinique soutenue par le PAM à Faizabad, pour le contrôle médical de routine de sa fille Neda. Âgée de quinze mois, l’enfant fait partie des 3,7 millions d’enfants en Afghanistan souffrant de malnutrition aiguë.

Lors de la consultation, l’infirmière mesure le poids et la taille de Neda. Des progrès sont visibles depuis la dernière visite : elle a pris du poids, grandi. Pourtant, les signes de sous‑nutrition persistent. Le rétablissement ne se fait pas du jour au lendemain ; c’est un chemin long, ponctué de nombreuses étapes.

À l’issue du rendez‑vous, Ahmadi reçoit 3 kg d’une pâte d’arachide enrichie en nutriments. Ce complément nutritionnel, qui aide Neda à reprendre des forces et du poids, fait partie de l’assistance fournie par le PAM à la famille, aux côtés de farine de blé, de légumineuses, d’huile et de sel.

« Je veux que mes enfants grandissent en bonne santé, sans avoir faim ni être malades. » — Raqiba Ahmadi, mère afghane

« Avec la nourriture que nous recevons, je nourris mes enfants une fois par jour », explique Ahmadi, avant d’ajouter : « Je veux que mes enfants grandissent en bonne santé, sans avoir faim ni être malades. »

Pourtant, l’incertitude plane sur l’avenir de la famille. Ahmadi a vu des voisins perdre leur assistance à mesure que les financements humanitaires diminuent. Elle craint que sa famille ne soit la prochaine.

« Mon espoir pour l’avenir, pour mon bébé et pour toute ma famille, c’est que cette aide se poursuive. Je veux que la vie de mes enfants s’améliore grâce à ce soutien », confie‑t‑elle, ajoutant que « l’assistance est particulièrement importante pour les femmes et doit continuer ».

L’action du PAM en Afghanistan est rendue possible grâce au soutien de la Banque asiatique de développement, de l’Australie, du Canada, de la Commission européenne, du Japon, de la Nouvelle‑Zélande, de la Suède, de la Suisse et du Royaume‑Uni.

Le PAM a un besoin urgent de 350 millions de dollars pour venir en aide aux populations les plus vulnérables d’Afghanistan au cours des six prochains mois.

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