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La sécurité alimentaire : ce que c’est et pourquoi elle est essentielle

Un guide pratique pour comprendre ce qu’est la sécurité alimentaire et pourquoi elle est au cœur du travail du PAM
, Paul Anthem
A group of hands taking food from a plate.
La sécurité alimentaire est un impératif moral qui contribue également à renforcer la stabilité dans le monde entier, mais des millions de personnes souffrent encore de la faim. PAM/Jean-Baptiste Joire

Qu’est-ce que la sécurité alimentaire ?

La sécurité alimentaire existe lorsque les personnes ont accès à une quantité suffisante d’aliments sains et nutritifs leur permettant d’assurer une croissance et un développement normaux, ainsi qu’une vie active et en bonne santé.

À l’inverse, on parle d’insécurité alimentaire lorsque ces conditions ne sont pas réunies. L’insécurité alimentaire chronique survient lorsqu’une personne ne peut pas consommer suffisamment de nourriture sur une longue période pour mener une vie normale, active et saine. L’insécurité alimentaire aiguë, quant à elle, désigne toute situation de manque de nourriture qui menace directement la vie ou les moyens de subsistance des populations.

Combien de personnes sont touchées par l’insécurité alimentaire ?

Selon le dernier Rapport mondial sur les crises alimentaires, 266 millions de personnes ont connu des niveaux élevés d’insécurité alimentaire aiguë dans 47 pays et territoires en 2025.

Pourquoi la sécurité alimentaire est-elle si importante ?

La sécurité alimentaire est un impératif moral : chaque personne devrait pouvoir bénéficier d’un accès égal et sans restriction à une alimentation suffisante, saine et nutritive.

Au-delà de cette dimension fondamentale, la sécurité alimentaire constitue également un investissement essentiel en faveur de la stabilité et de la sécurité. Lorsque l’insécurité alimentaire s’installe, elle peut entraîner des déplacements de populations, accroître les tensions sociales et l’instabilité, avec des répercussions qui peuvent s’étendre à l’échelle des pays, des régions et au-delà.

En d’autres termes, garantir la sécurité alimentaire ne consiste pas seulement à lutter contre la faim ; c’est aussi contribuer à la paix, à la résilience des communautés et à un développement durable.

Quelles sont les causes de l’insécurité alimentaire ?

Les conflits, les phénomènes météorologiques extrêmes et les chocs économiques sont les principaux moteurs de l’insécurité alimentaire. Ces facteurs sont souvent liés et se renforcent mutuellement. Les personnes déplacées de leur foyer et privées de leurs moyens de subsistance figurent parmi les groupes les plus vulnérables.

Quatre facteurs fondamentaux influencent la sécurité alimentaire d’une personne : l’utilisation, l’accès, la disponibilité et la stabilité.

  • L’utilisation concerne la capacité des populations à préparer leurs aliments dans des conditions d’hygiène adéquates. Pour cela, elles ont besoin de combustible, d'un accès à l'eau potable et de la capacité à absorber les nutriments contenus dans les aliments. Les personnes vivant dans des zones reculées ou déplacées en raison de conflits ou de catastrophes climatiques peuvent être dans l'incapacité de préparer correctement leur nourriture. L’utilisation des aliments englobe également une bonne utilisation des semences pour les cultures et des fourrages pour le bétail, ainsi que la réduction des pertes après récolte et l’augmentation des excédents destinés à l’exportation.
  • L’accès à la nourriture peut être compromis par plusieurs facteurs : l’échec des récoltes dû à des conditions météorologiques extrêmes, le coût élevé des produits alimentaires sur les marchés en raison de l’inflation, ou encore l’impossibilité pour les populations d’atteindre les marchés, car elles vivent dans des zones touchées par des conflits ou des catastrophes. L’accès peut également être limité en raison du genre, de l’origine ethnique ou d’autres formes de discrimination.
  • La disponibilité alimentaire peut être affectée par des facteurs tels que les coûts élevés d'importation ou les mauvaises infrastructures de transport. En période de conflit, les intrants agricoles, comme les semences et les engrais, deviennent plus rares et plus chers. Les agriculteurs ne peuvent alors plus cultiver leurs terres, même s'ils n'ont pas encore été contraints de les abandonner. Dans de nombreuses zones rurales, cela touche directement une grande partie de la population, car les cultures vivrières constituent leur principale source de nourriture. Les conflits peuvent également entraver l'acheminement des denrées alimentaires vers les marchés par voie routière. À l'inverse, les programmes d'assistance de grande envergure menés par les gouvernements, le PAM ou les ONG peuvent améliorer la disponibilité et l'accès à la nourriture, notamment grâce à des distributions alimentaires massives ou à des bons d'achat permettant aux populations d'acquérir des produits alimentaires dans des commerces agréés.
  • La stabilité est un facteur transversal qui reflète la régularité des trois autres dimensions : l’utilisation, l’accès et la disponibilité. À Gaza, par exemple, l'interruption soudaine de l'accès à la nourriture et de sa disponibilité a provoqué une forte aggravation de l'insécurité alimentaire. 

Comment les différentes saisons influencent-elles la sécurité alimentaire ?

Le calendrier agricole est un élément essentiel de la sécurité alimentaire. La période précédant les récoltes correspond souvent à la saison de soudure, durant laquelle les ménages ont généralement peu de stocks alimentaires à la maison. Les denrées sont alors moins disponibles sur les marchés et les prix sont élevés.

À l'inverse, juste après les récoltes, l'offre alimentaire est plus abondante et les prix des produits alimentaires sont généralement beaucoup plus bas.

Une mauvaise saison des pluies peut avoir des effets dévastateurs sur les cultures et, par conséquent, sur la sécurité alimentaire des populations.

Les facteurs saisonniers peuvent également influencer d'autres dépenses, comme les frais de scolarité. Pour de nombreuses familles, ces dépenses représentent un poste important qui réduit les ressources financières disponibles pour l’alimentation.

Dans les zones urbaines, d’autres facteurs saisonniers peuvent également avoir un impact sur la sécurité alimentaire, notamment :

  • les périodes où les possibilités d'emploi sont plus nombreuses et où les revenus augmentent ;
  • les périodes de migration accrue, qui peuvent entraîner une hausse de la demande alimentaire ;
  • les grandes fêtes et célébrations, qui engendrent des dépenses importantes et réduisent les ressources disponibles pour d'autres besoins, y compris l'alimentation.

Existe-t-il une mesure mondialement reconnue de l’insécurité alimentaire ?

Oui, il s'agit de la Classification intégrée de la sécurité alimentaire par phases (IPC), qui est la norme mondiale pour mesurer l’insécurité alimentaire aiguë.

Cette classification définit cinq niveaux de gravité, allant de l'absence ou du niveau minimal d'insécurité alimentaire (phase 1) à la catastrophe ou à la famine (phase 5).

L’IPC réunit plus de 20 partenaires, dont des gouvernements, des agences des Nations unies et des ONG, qui partagent leurs données et utilisent les résultats pour concevoir des programmes répondant de manière appropriée aux besoins des populations.

Le PAM collecte des informations à l’aide d’indicateurs reconnus, comme le Score de Consommation Alimentaire (SCA), utilisé par l’organisation depuis plus de vingt ans. Ces données servent à orienter les opérations du PAM et constituent également l'une des principales sources d'information utilisées dans le cadre de l'IPC.

Lorsque les données de l’IPC ne sont pas disponibles, d’autres systèmes de mesure équivalents sont utilisés, notamment :

Ces outils permettent d'évaluer et de suivre l'insécurité alimentaire afin de mieux cibler les interventions humanitaires et les politiques de sécurité alimentaire.

Man in headscarf sitting and smiling, holding a box of WFP food and bottles of oil
Le PAM améliore l'accès à la nourriture et la disponibilité des denrées alimentaires en effectuant des distributions ciblées auprès des populations. PAM/Zuha Akkash

Comment le PAM collecte-t-il des informations sur la sécurité alimentaire ?

Les données relatives à l’insécurité alimentaire aiguë sont recueillies de différentes manières. Le PAM est le plus grand fournisseur mondial de données sur la sécurité alimentaire, produisant un flux continu d’informations qui soutient ses opérations et alimente également les analyses de l’IPC.

Ces données sont collectées à travers divers moyens, notamment :

  • des enquêtes en face à face ;
  • des enquêtes réalisées par téléphone mobile ;
  • l’imagerie satellitaire ;
  • la modélisation géospatiale.

La collecte de données est particulièrement difficile dans les zones où l’accès est limité en raison des conflits. Dans ces contextes, le PAM recourt à des méthodes de collecte à distance, telles que les entretiens téléphoniques.

Où les chiffres sur la sécurité alimentaire sont-ils publiés ?

Les statistiques annuelles sur l’insécurité alimentaire chronique sont publiées dans le rapport annuel sur l'État de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde (SOFI), diffusé chaque mois de juillet par cinq agences des Nations Unies, dont le PAM.

Les données mondiales sur l’insécurité alimentaire aiguë sont publiées dans :

Les données les plus récentes du PAM sont également disponibles sur plusieurs plateformes, notamment :

Les chiffres peuvent varier d’un rapport à l’autre en raison de plusieurs facteurs, notamment la couverture géographique retenue et la période analysée.

Comment le PAM améliore-t-il la sécurité alimentaire ?

Le PAM améliore la sécurité alimentaire de multiples façons, en travaillant en partenariat avec les gouvernements, les autres agences des Nations Unies, les ONG locales et de nombreux autres acteurs.

Le PAM renforce l’accès à la nourriture et sa disponibilité en fournissant une assistance immédiate aux populations touchées par des situations d’urgence. L’organisation met également en œuvre de nombreux programmes pendant la saison de soudure, en augmentant l’aide alimentaire lorsque la disponibilité des denrées est particulièrement faible. Elle améliore aussi l’accès à l’alimentation des groupes vulnérables grâce à des transferts monétaires leur permettant d’acheter de la nourriture.

Les petits exploitants agricoles produisent la majeure partie de l’alimentation mondiale. C’est pourquoi le PAM leur fournit des formations afin d’accroître leur production, de réduire les pertes après récolte et de renforcer leur pouvoir de négociation ainsi que les prix obtenus sur les marchés.

Au Bangladesh, le PAM a amélioré l’accès à la nourriture et sa disponibilité en versant des aides en espèces avant d’importantes inondations, permettant ainsi aux populations de constituer des stocks alimentaires tant que les marchés restaient accessibles. Les indemnisations issues des assurances climatiques permettent également aux agriculteurs de fournir davantage de fourrage à leur bétail et d’acheter des semences et des engrais, autant d’éléments essentiels pour maintenir la production et la disponibilité alimentaires face aux phénomènes météorologiques extrêmes.

En République démocratique du Congo, le PAM a facilité l’accès aux marchés en réhabilitant des ponts reliant les zones rurales aux centres urbains de commerce. Les programmes d’alimentation scolaire du PAM améliorent quant à eux l’accès à la nourriture pour les enfants dans plus de 60 pays.

Le PAM fournit également des foyers améliorés économes en énergie et du combustible afin que les populations puissent préparer et utiliser leurs aliments de manière adéquate. En outre, l’organisation forme les communautés à tirer le meilleur parti nutritionnel de leur alimentation et sensibilise aux bonnes pratiques d’alimentation des nourrissons et des jeunes enfants. L’ensemble de ces actions contribue à une meilleure utilisation des aliments.

Le PAM agit également de nombreuses autres façons pour renforcer la sécurité alimentaire, notamment en aidant les populations à mieux résister aux chocs climatiques extrêmes et en formant les agents gouvernementaux au suivi de la sécurité alimentaire. À travers ces efforts conjoints, le PAM et ses partenaires œuvrent pour un monde où personne ne se couche le ventre vide. 

Le PAM remercie les personnes suivantes pour leur contribution à cet article : Jessica Harmer et Lena Hohfeld (Unité d’évaluation et de ciblage du PAM), ainsi que Aysha Twose (Bureau régional du PAM pour l’Asie et le Pacifique).

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