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Le coronavirus pourrait pousser les travailleurs migrants et leurs familles dans la faim, mettent en garde les agences de l’ONU

, WFP (PAM)

Un rapport du Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies et de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) indique que 164 millions de personnes peinent à gagner leur vie à cause de la pandémie de Covid-19


Traduit de l'anglais


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Nigeria : une femme attend dans un point de distribution d'aliments à Maiduguri, dans l'État de Borno. Photo : PAM/Oluwaseun Oluwamuyiwa


Les familles qui dépendent des envois de fonds — les transferts d'argent des proches travaillant à l'étranger — risquent de souffrir de la faim à cause des restrictions dues à la pandémie de Covid-19. Celles-ci pèsent lourdement sur les migrants et les personnes déplacées, selon un rapport publié le 10 novembre 2020.


La plupart des 164 millions de travailleurs migrants dans le monde évoluent dans le secteur de l'économie informelle — essentiellement dans des emplois peu qualifiés et payés en liquide dans les secteurs de l'agriculture, de la construction ou des services — et sont touchés de manière disproportionnée par la pandémie.


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Colombie : Dayana, une migrante vénézuélienne, reçoit un colis alimentaire fourni par le PAM et l'ONG World Vision à Soacha, une ville voisine de Bogotá. Photo : PAM/Mathias Roed


Selon l'étude du PAM et de l'OIM, la diminution des envois de fonds — qui servent principalement à couvrir les besoins alimentaires et autres besoins essentiels — est susceptible de faire augmenter la faim.


« Les chiffres de la Banque mondiale montrent que les envois de fonds vers les pays à faible et moyen revenu pourraient diminuer d'au moins 14 % d'ici 2021 », a déclaré Claudia Ah Poe, chef de l'unité d'évaluation et de ciblage des besoins au sein de la division de la recherche, de l'évaluation et du suivi du PAM, l'un des principaux auteurs du rapport.


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Bangladesh : des personnes vulnérables reçoivent de l'assistance alimentaire à Cox's Bazar. Photo : PAM/Brook du Bois


« Rien que cela pourrait pousser vers la faim 33 millions de personnes supplémentaires dans les pays où le PAM opère. Dans le monde, 800 millions de personnes (soit une sur neuf) dépendent des envois d'argent de leurs proches. Une telle baisse de ces envois pourrait anéantir les gains durement acquis en matière d'éradication de la pauvreté, de sécurité alimentaire, de nutrition, de santé et d'éducation », a-t-elle ajouté.


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Équateur : petit déjeuner dans la cantine gérée par les Sœurs Salésiennes à Ibarra. Photo : PAM/Ana Buitron


Les restrictions mises en place dans plus de 220 pays, territoires ou zones pour contenir la propagation du virus ont eu un fort impact sur la mobilité des gens, indique le rapport. Cela a mis à rude épreuve la capacité des personnes migrantes et déplacées à travailler et à générer les revenus nécessaires pour se procurer des produits essentiels tels que la nourriture.


Dans leur rapport conjoint intitulé Populations à risque : les conséquences du Covid-19 sur la faim, les migrations et les déplacements, le PAM et l'OIM appellent la communauté internationale à prendre des mesures pour éviter les effets dévastateurs de la pandémie. Il s'agit notamment de répondre aux besoins humanitaires urgents et croissants tout en préparant la voie vers la reprise. « Les migrants confrontés à de grandes difficultés et aux risques de l'insécurité alimentaire ne doivent pas être oubliés », a déclaré Mme Ah Poe.


« L'impact socio-économique de la pandémie est plus dévastateur que la maladie elle-même (…) Les chiffres de la faim explosent dans le monde entier », a déclaré David Beasley, Directeur exécutif du PAM.


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Les familles de Saint-Domingue, en République Dominicaine, reçoivent des aliments enrichis du PAM pour les aider à traverser les périodes difficiles. Photo : PAM/Karolyn Ureña


« L'impact de la crise du Covid-19 sur la santé et la mobilité humaine menace de faire régresser les efforts mondiaux, notamment en ce qui concerne le Pacte mondial sur les migrations (…) Il est de notre responsabilité collective de sauvegarder les droits des personnes en déplacement et d'assurer leur protection face à de nouveaux risques », a déclaré António Vitorino, Directeur général de l'OIM.


La sécurité alimentaire et les déplacements sont étroitement liés. La faim — surtout lorsqu'elle est associée à un conflit — est un facteur décisif qui pousse les gens au déplacement, indique le rapport.


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Irak : Khalid et sa famille vivent dans le camp de Zakho, dans la région du Kurdistan, depuis 2015. Photo : PAM/Alan Salma


Bien que la mobilité ait diminué dans certains endroits au début de la pandémie, elle pourrait finalement augmenter car davantage de personnes seront contraintes de quitter leur région ou leur pays faute de pouvoir subvenir à leurs besoins.


« Les migrants confrontés à de grandes difficultés, les réfugiés et les autres populations déplacées sont particulièrement sensibles aux conséquences sanitaires et socio-économiques de la crise. Et cela a un impact sur leurs familles et leurs communautés », a déclaré Mme Ah Poe.


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