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Le Mali est confronté à une aggravation de la crise de la sécurité alimentaire après plus d’une décennie de conflit, de déplacements de populations et de chocs climatiques. La malnutrition aiguë a atteint des niveaux d’urgence dans plusieurs régions du pays et devrait continuer de s’aggraver, en particulier dans les zones également touchées par la dégradation des terres et par un accès humanitaire limité.

Les effets combinés des chocs climatiques, des déplacements de populations et des pressions exercées sur les marchés continuent de fragiliser les moyens de subsistance et de restreindre l’accès aux services de base. Selon l’analyse du Cadre Harmonisé (novembre 2025), plus de 1,5 million de personnes devaient être confrontées à une insécurité alimentaire aiguë durant la période de soudure de juin à août.

Une Évaluation d’urgence de la sécurité alimentaire réalisée en juin 2026 a révélé que 40 % des ménages avaient besoin d’une assistance humanitaire, alors que seulement 4 % d’entre eux avaient reçu une aide au cours des trois mois précédents, mettant en évidence un écart croissant entre les besoins et l’assistance disponible.

La détérioration de la situation alimentaire a été particulièrement marquée dans les régions de Ménaka, Gao, Tombouctou, Mopti et Ségou.

Une recrudescence récente de l’insécurité a entraîné de nouveaux déplacements de populations dans le nord du Mali. L’arrivée de dizaines de milliers de personnes déplacées internes et de réfugiés dans le centre du pays a accru les besoins humanitaires, tant pour les nouveaux arrivants que pour les communautés d’accueil déjà sous forte pression. Cette situation s’ajoute à une crise de déplacement préexistante, alors que le pays compte actuellement plus de 290 000 réfugiés et plus de 400 000 personnes déplacées internes.

L’accès humanitaire demeure fortement restreint dans certaines zones du nord et du centre du Mali. Par ailleurs, l’irrégularité des précipitations, les sécheresses prolongées et la dégradation des terres continuent de fragiliser les moyens de subsistance dépendant de l’agriculture.

Sans un soutien urgent, la détérioration de la sécurité alimentaire, les déplacements de populations et les contraintes d’accès humanitaire risquent d’enfoncer davantage les ménages les plus vulnérables dans la crise.

Le PAM a un besoin urgent de 81,2 millions de dollars d’ici février 2027, dont un déficit de financement de 73,6 millions de dollars pour maintenir une assistance vitale en faveur des populations les plus vulnérables.

Ce que fait le Programme alimentaire mondial pour répondre à l’urgence au Mali

Assistance alimentaire d’urgence

Le PAM fournit une assistance d’urgence vitale aux populations vulnérables dans les zones accessibles, notamment sous forme d’aide alimentaire, de transferts monétaires et de soutien nutritionnel en faveur des enfants ainsi que des femmes et des jeunes filles enceintes ou allaitantes. L’organisation renforce également son assistance aux personnes nouvellement déplacées, aux réfugiés et aux communautés d’accueil affectés par les récents mouvements de population dans le nord du Mali, en distribuant à la fois des vivres et des bons d’achat afin de couvrir leurs besoins alimentaires immédiats. Cependant, les insuffisances de financement ont considérablement réduit la capacité du PAM à répondre à l’ampleur des besoins. En 2026, l’organisation a été contrainte de cibler davantage son assistance, privant ainsi plus de 200 000 personnes vulnérables de soutien. Les contraintes budgétaires ont également conduit à une réduction de 50 % de la durée de l’assistance, celle-ci passant de six à trois mois.