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N'oublions pas les Sahraouis!

ALGER – Le Directeur exécutif du Programme alimentaire mondial des Nations Unies (PAM) a lancé aujourd’hui un appel à la communauté internationale afin qu’elle n’oublie pas le sort des réfugiés Sahraouis en Algérie, qui sont encore des dizaines de milliers à dépendre entièrement d’une assistance externe pour survivre, trente ans après avoir fuit un conflit territorial.

« La contribution de la communauté internationale a été décisive ces dernières années, et cela doit continuer », a déclaré James Morris, qui a visité hier les camps de réfugiés dans le désert près de Tindouf, et qui a rencontré Mohamed Abdelaziz, Président de la République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD), ainsi que le Conseil des Anciens pour les camps.

La contribution de la communauté internationale a été décisive ces dernières années, et cela doit continuerJames Morris, Directeur exécutif du PAM

James Morris a aussi fait part de ses inquiétudes au sujet de la situation des réfugiés sahraouis lors de rencontres avec de hauts fonctionnaires, notamment le Président algérien Abdelaziz Bouteflika, le Premier Ministre Abdelaziz Belkhadem, le Ministre des Affaires Etrangères Mohammed Bedjaoui et Monsieur Ould Abbes, Ministre de l’Emploi et de la Solidarité Nationale.

Une collaboration solide avec l'Algérie

Il a également fait part de la satisfaction du PAM en ce qui concerne la collaboration solide et toujours croissante avec l’Algérie, qui est devenu le premier donateur africain du PAM en contribuant, ces dernières années, à ses opérations en Afrique australe et en Afrique de l’ouest.

Les récentes contributions à l’opération d’aide aux réfugiés sahraouis ont été cruciales pour pallier au manque de fonds. Cependant, le PAM a toujours besoin de 6 000 tonnes de nourriture, soit 5 millions de dollars afin d'aider 90 000 des réfugiés les plus démunis pour les six mois à venir. Le PAM aide également, jusqu'à la fin de l'année, 35 000 victimes de graves inondations, qui ont emporté nourriture, effets personnels et tentes en février 2006.

Des conditions de vie difficiles

Les réfugiés vivent, depuis plus de 20 ans, dans un environnement désertique hostile et affrontent un isolement social et une absence totale de perspectives économiques. « Le PAM et ses partenaires font l'impossible pour s'assurer que les réfugiés les plus démunis reçoivent l’aide dont ils ont désespérément besoin » a déclaré M. Morris.

« Le PAM travaille étroitement avec ses partenaires dans les camps pour évaluer le nombre exact de personnes qui ont besoin d’aide a-t-il ajouté. Il est primordial que nous fournissions de la nourriture aux plus démunis tout en remerciant la communauté internationale par qui ces opérations sont possibles » a insisté M. Morris.

Des situations précaires

« Beaucoup de familles en situation précaire n’ont pas les moyens de se nourrir de manière équilibrée, ce qui a un impact évident sur leur santé» a souligné M. Morris. L'année dernière, une étude des Nations Unies a conclu que presque deux tiers des femmes sont anémiques et qu’un tiers des enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition chronique.

Les réfugiés sont la responsabilité de la communauté internationale toute entière, pas d'un seul paysJames Morris

Les réfugiés sont arrivés en Algérie en 1975, après avoir fuit un conflit territorial avec le Maroc. En octobre 2006, le Conseil de sécurité de l'ONU a réaffirmé qu'une solution juste et durable était toujours en cours de négociation. Cependant, jusqu'à qu’un consensus soit trouvé, les réfugiés continueront à dépendre de l’aide humanitaire.

Un besoin d'aide internationale

« Les réfugiés sont la responsabilité de la communauté internationale toute entière, pas d'un seul pays. Le gouvernement algérien a généreusement donné des logements et de l'aide financière mais une aide plus internationale est nécessaire » a déclaré M. Morris.

Depuis 1986, le PAM aide le gouvernement algérien en subvenant aux besoins alimentaires fondamentaux des réfugiés Sahraouis. Jusqu'ici, l'aide du PAM aux réfugiés s’élève à 157 millions de dollars en comptant l'opération courante évaluée à 43 millions de dollars.