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Madagascar : combattre la sécheresse et la faim, un repas scolaire à la fois

Le Programme alimentaire mondial travaille avec son partenaire Michael Kors pour s'assurer que les enfants aillent à l’école et reçoivent la nourriture dont ils ont besoin pour apprendre et s'épanouir.
, Matthew Stevens
Seraphin is among the children supported by WFP school meals programmes in Madagascar
Séraphin est l'un des 228 000 enfants soutenus par le programme d'alimentation scolaire du PAM à Madagascar. Photo : PAM/Sitraka Niaina Raharinaivo

"Quand je serai grand, je veux être le chef du PAM - comme Edmond Vorizo", dit Séraphin, 12 ans. Je veux donner des ordres tels que : "Construisez un puits d'eau ici, construisez-en un autre là".

Bien qu'il ne soit pas techniquement le chef du PAM, Edmond Daniel Vorizo fait tout de même partie du personnel du PAM à Madagascar : "Je suis ingénieur hydrogéologue, mais je travaille pour le programme d'alimentation scolaire du PAM", explique-il.

Ici, à Ifotaka, dans le sud de Madagascar, l'eau est dans toutes les pensées. Trois années de sécheresse ont laissé la terre craquelée et sèche, les cultures flétries. Avec le cyclone Batsirai qui a ravagé l'est du pays, la nourriture risque d'être encore plus rare ici, car les tempêtes torrentielles perturbent les chaines d'approvisionnement.

La saison des cyclones, qui dure jusqu'en avril, pourrait apporter la pluie tant attendue - ou une destruction généralisée. Mais, jusqu'à présent, la sécheresse s'est traduite par une raréfaction des produits et du fourrage pour le bétail - et par peu de nourriture pour la communauté. Dans une région où 80 % de la population dépend de l'agriculture pour survivre, une personne sur deux est désormais menacée par la faim.

"L'eau est très rare ici", explique Séraphin. "Pour aller la chercher, nous devons marcher 5 km, et nous revenons toujours tard, dans la nuit".

 People foraging for water in southern Madagascar
Les chocs climatiques exacerbent l'insécurité alimentaire des communautés vulnérables à Madagascar. Photo : PAM/Tsiory Andriantsoarana

Les longues et épuisantes marches ne sont pas une nouveauté pour Séraphin. Jusqu'à récemment, aller à l'école signifiait marcher trois heures jusqu'à l'école primaire publique de Tsarapioke - et trois heures au retour. Un trajet de plus en plus solitaire, car les enfants abandonnaient, simplement trop affamés pour y arriver.

Edmond Vorizo
“Les repas scolaires contribuent à réduire les coûts des ménages pour les familles vulnérables”, déclare Edmond Vorizo, associé au programme d'alimentation scolaire du PAM. Photo : PAM/Sitraka Niaina Raharinaivo, Tovo Cam

Edmond Vorizo est également un habitant de la région, puisqu'il a grandi dans la ville voisine d'Ambovombe. "Il est important pour notre communauté qu'un enfant du village travaille pour le Programme alimentaire mondial", dit-il. "De plus, nous parlons le même dialecte. S'il y a un problème, ils n'hésitent pas à venir au PAM - "Parce que Vorizo est là".

 

 

 

 

 

 

Les problèmes n'ont pas manqué, dans cette communauté. La famille de Séraphin possédait des zébus (un type fréquent de bovins à bosse) et des moutons - 40 animaux au total. Mais pour survivre à la sécheresse, ils ont été contraints de tous les vendre ou de les manger. Le dernier a été vendu il y a deux ans. Depuis, comme tant d'autres à Ifotaka, ils sont au bord de la famine.

 

 

 

 Séraphin smiles as he eats rice and lentils in the canteen. Séraphin is a beneficiary.
Des repas quotidiens nutritifs aident les enfants à rester en bonne santé et favorisent l'assiduité. Photo : PAM/Sitraka Niaina Raharinaivo

 

 

 

Mais en ce qui concerne la faim, les choses s'améliorent enfin. En collaboration avec la communauté, Vorizo et le PAM ont créé une cantine dans l'école pour les enfants de ce village et des villages voisins.

 

 

 

Cette initiative s'inscrit dans le cadre du programme d'alimentation scolaire du PAM, avec le soutien essentiel de partenaires tels que le créateur de mode de renommée mondiale Michael Kors. Kors travaille avec le PAM depuis près de dix ans pour contribuer à fournir des repas sains et nutritifs aux filles et aux garçons des régions du monde souffrant d'insécurité alimentaire.

 

 

 

Grâce à la campagne mondiale Watch Hunger Stop en faveur du PAM - qui en est à sa neuvième année - Michael Kors a contribué à attirer l'attention sur le problème de la faim dans les écoles, tout en collectant des fonds pour aider l'organisation à fournir plus de 29 millions de repas aux enfants dans le besoin - et ce n'est pas fini.

 

 

 

Les enfants d'Ifotaka peuvent désormais profiter d'un repas chaud et sain, tous les jours.

 

 

 

Local parents support the school meals programme in southern Madagascar
Les parents du village soutiennent activement l'initiative et ont formé un comité de gestion de la cantine. Photo : PAM/Sitraka Niaina Raharinaivo

 

 

 

"Nous avons trois objectifs", déclare Vorizo. "Le premier est de maintenir les enfants à l'école - beaucoup abandonnent parce qu'ils sont affamés". Un deuxième objectif de l'initiative est de soutenir les parents des enfants. "Les familles ici ne peuvent se permettre qu'un seul repas par jour - en offrant un repas supplémentaire à l'école, nous voulons contribuer aux dépenses du ménage", explique-t-il.

 

 

 

"Le troisième objectif est d'augmenter le taux de scolarisation. Et cela fonctionne - depuis que nous avons créé la cantine, les enfants inscrits à l'école ici ont plus que doublé, passant de 157 à 327."

 

 

 

Vorizo ajoute : "Je sais que c'est mon lahatra", en utilisant le mot malgasy pour désigner le destin.

 

 

 

Parents supporting the school feeding programme in Madagascar
Les femmes de la communauté contribuent par leur temps et leurs efforts au bon déroulement du programme de repas scolaires. Photo PAM/Sitraka Niaina Raharinaivo

 

 

 

"Avec le soutien de partenaires comme Michael Kors, le PAM est désormais le plus grand fournisseur de repas scolaires de la région", explique Pasqualina Di Sirio, Directrice pays du PAM à Madagascar.

 

 

 

"Lorsque le sol et le climat le permettent, nous travaillons également ensemble sur des initiatives d'alimentation scolaire cultivées sur place, offrant des produits locaux frais dans les repas scolaires", ajoute-t-elle. "Et si notre soutien est essentiel, c'est la communauté qui, en définitive, rend tout cela possible - en particulier les femmes, qui jouent un rôle de premier plan dans les comités de gestion des cantines."

 

 

 

"Les solutions à la faim doivent être réfléchies”, déclare le créateur Michael Kors. "Et les initiatives d'alimentation scolaire du PAM sont précisément cela : des moyens réfléchis et percutants d'atteindre des enfants comme Séraphin non seulement avec de la nourriture - mais avec des opportunités, de l'espoir et la perspective d'une vie plus heureuse et plus sûre."

 

 

 

Seraphin and his mother
"Grâce à la cantine scolaire, mes enfants peuvent manger", dit Hinidisoa, la mère de Séraphin. Photo : PAM/Sitraka Niaina Raharinaivo

 

 

 

"Grâce à cette cantine, je peux maintenant étudier ici, près de ma maison", dit Séraphin. "Fini les trois heures de marche pour aller à l'école à Tsarapioke". Il passe ce temps libre retrouvé avec ses amis, ou en jouant d'une mandoline qu'il a fabriquée lui-même.

 

 

 

Il aide aussi à la maison, en faisant la cuisine ou la vaisselle. Cette aide est nécessaire, car les deux parents travaillent dur pour faire vivre leur famille de sept personnes - sa mère vend du bois de chauffe et son père travaille dans les champs de sisal, une plante dont les fibres longues et fines sont utilisées pour fabriquer des cordes.

 

 

 

"Grâce à la cantine scolaire, mes enfants peuvent manger", dit Hinidisoa, la mère de Séraphin. Mais c'est une vie difficile, et elle souhaite que Séraphin ait de meilleures opportunités : "Il est important qu'il aille à l'école pour trouver un emploi. Ainsi, il pourra avoir de nouvelles perspectives, comme travailler dans un bureau, comme policier, quelque chose comme ça."

 

 

 

Seraphin playing a mandolin he has built himself
Séraphin jouant d'un instrument de musique qu'il a fabriqué lui-même. Photo : PAM/Sitraka Niaina Raharinaivo

 

 

 

On ne sait pas encore si le lahatra de Séraphin - son destin - est de devenir policier, musicien ou chef du PAM. Mais tant qu'il aura l'estomac plein et une école où aller, ces possibilités - et bien d'autres encore - s'offriront à lui.

 

 

 

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