Skip to main content

Le PAM vient en aide aux réfugiés sahraouis frappés par des pluies torrentielles.

ALGER - Le Programme Alimentaire Mondial des Nations Unies (PAM) va venir en aide à 60 000 réfugiés sahraouis, qui ont vu leurs maisons et leurs biens emportés par les pluies diluviennes exceptionnelles qui se sont abattues pendant trois jours sur la région désertique de Tindouf.

Situation précaire

La situation de ces personnes était déjà précaire, mais maintenant elles se retrouvent sans abri et ont besoin d’aide de toute urgence. Amir Abdulla
« Leurs réserves de nourriture ont été presque toutes endommagées ou détruites » a déclaré aujourd’hui Amir Abdulla, directeur du PAM pour la zone Moyen-Orient, Caucase et Europe de l’Est, qui s’est rendu sur place dans les camps des environs de Tindouf.
Les camps de réfugiés sont situés dans le désert, loin de toute rivière ou point d’évacuation qui aurait permis d’absorber les trombées d’eau et d‘éviter un tel désastre. Dans les camps d’Awserd et de Smara, où la majorité des réfugiés vivent dans des maisons en brique crue et un quart sous des tentes, la moitié environ des maisons ont été totalement détruites ou très endommagées.

Selon une brève mission d’évaluation des Nations Unies, réalisée le 11 février, quatre des cinq camps ont été durement touchés et manquent cruellement de vivres. Et la situation des réfugiés est d’autant plus précaire que les marchés, dans les camps, ont été très abîmés par les inondations.

Manque de financement

Le PAM, qui puise sur ses propres ressources pour pouvoir intervenir rapidement dans les cas d’urgence, distribuera des denrées alimentaires pendant un mois (céréales, lentilles, sucre et huile) pour remplacer la nourriture perdue. Mais l’agence va devoir renouveler les quelques 1 100 tonnes de stocks qu’elle utilise pour son opération courante, qui connaît déjà de gros problèmes de financement.

Le PAM apporte son soutien aux réfugiés depuis 1986 et tant que le conflit ne sera pas résolu, les réfugiés du Sahara occidental resteront en Algérie, dépendant presque entièrement de l’aide de la communauté internationale. Le PAM vient actuellement en aide à 90 000 réfugiés parmi les plus vulnérables.

Le PAM a l’intention de continuer à aider les réfugiés mais cela ne sera pas possible sans l’aide de la communauté internationale. Cette aide est plus que jamais nécessaire Amir Abdulla
Le PAM craint cependant des pénuries le mois prochain si d’autres contributions n’arrivent pas. Pour les six prochains mois, il faudra trouver presque 6 000 tonnes, soit un coût de 3,6 millions de dollars. « Le PAM a l’intention de continuer à aider les réfugiés mais cela ne sera pas possible sans l’aide de la communauté internationale » a rajouté Amir Abdulla. « Cette aide est plus que jamais nécessaire » a-t-il souligné.

Conséquences sur la santé


Le PAM a également prévenu que les conditions de vies difficiles de beaucoup de familles, qui n’ont pas de quoi s’acheter de la nourriture, ont des conséquences évidentes sur la santé des réfugiés. Environ 40% de la population est âgée de moins de 14 ans et l’on estime que 35% des enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition chronique. Les réfugiés fuyant le conflit territorial du Sahara occidental sont arrivés en Algérie en 1975, et se sont installés dans ces cinq camps près de Tindouf, une ville reculée du désert. Ils y sont toujours, endurant des conditions climatiques hostiles, avec des températures extrêmes en été et en hiver, l’isolement et le manque chronique d’opportunités économiques.

Les donateurs

A ce jour, les dons reçus par le PAM pour financer son opération, d’un budget de 42 millions de dollars, s’élèvent à 22 millions : OHCE (9,9 millions), Espagne (3,1 millions), Suisse (1,4 millions), Canada (1,2 millions), Etats-Unis (1 million), France (609 000 dollars), Autriche (428 000 dollars), Irlande (367 647 dollars), Finlande (259 400 dollars) et des contributions multilatérales (3,8 millions).