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Le PAM doit réduire ses rations pour près d'un million de personnes déplacées par la guerre en Ouganda

KAMPALA – Forcé par un sérieux manque de financement, le Programme alimentaire mondial des Nations Unies (PAM) annonce qu’il devra réduire de moitié à partir du début avril les rations de nourriture destinées à près de 1,5 million de personnes déplacées ou réfugiées en Ouganda.

Même si en 2006 plus de 230 000 personnes déplacées sont rentrées chez elles dans le nord de l’Ouganda grâce à l’aide du PAM, 1,28 million de personnes sont toujours retenues dans des camps insalubres dans les districts d’Amuru, Gulu, Kitgum et Pader dans le nord, incapables de fournir de la nourriture à leurs familles.

Le PAM distribue aussi de la nourriture à 182 000 réfugiés en Ouganda qui verront aussi leurs rations réduites. De plus, la PAM fournit une assistance aux 500 000 victimes de la sécheresse dans la région de Karamoja. Cette aide est prévue jusqu’à juin 2007 pour un coût total de 10 millions de dollars US.

90% des personnes déplacées, la plupart des femmes et des enfants, dépendent du PAM pour leur survie.

Réductions

« Jusqu’à ce que nous ayons les fonds nécessaires pour acheter la nourriture localement, nous n'aurons pas d'autre Si nous ne réduisons pas de moitié les rations dans les prochaines semaines, toute cette opération de secours devra être interrompue en maiTesema Negash, directeur du PAM en Ouganda
choix au 1er avril que de réduire de moitié la quantité de maïs et des fèves que nous distribuons à chaque famille réfugiée en Ouganda, » a déclaré Tesema Negash, directeur du PAM en Ouganda. « Si nous ne réduisons pas de moitié les rations dans les prochaines semaines, toute cette opération de secours devra être interrompue en mai, » a-t-il ajouté.

Depuis 2005, le PAM a réduit ses rations, dans les districts d’Amuru et du Gulu, au point de ne fournir que 40% du minimum quotidien requis en énergie. En mars, le PAM a retiré le mélange maïs-soja (CSB), qui est très nutritif et qui est ajouté à la bouillie des enfants, des rations familiales. Si le manque de fonds se poursuit, le PAM devra aussi en mai réduire davantage les rations de maïs et de fèves pour 600 000 élèves qui dépendent de l’aide d’urgence pour les programmes d’éducation ainsi que pour 200 000 personnes affectées par le VIH/SIDA.

Manque de fonds

Le PAM n’a reçu à ce jour que 37 millions de dollars sur les 127 millions qui ont été demandés en 2007 aux gouvernements donateurs pour les opérations de secours et de reconstruction pour 1,2 million de personnes déplacées, 182 000 réfugiés et 500 000 personnes touchées par la sécheresse à Karamoja. En 2007, près de 170 000 tonnes de nourriture d’une valeur de 90 millions de dollars sont nécessaires pour répondre aux besoins de ces programmes.

« 37 millions de dollars peuvent sembler beaucoup, mais il en coûte au PAM près de 11 millions de dollars par mois pour faire tourner ses opérations de secours et de reconstruction en Ouganda, » a expliqué M Negash

Sécurité

« Même si le niveau de sécurité s’est amélioré dans le nord de Il est vital que nous n’abandonnions pas ces personnes déplacées à cette étape cruciale du processus de paixM. Negash
l’Ouganda et que le processus de paix avec l’Armée de Résistance du Seigneur (LRA) suit son cours, les besoins humanitaires de la population demeurent considérables. » a-t-il ajouté.

« Il est vital que nous n’abandonnions pas ces personnes déplacées à cette étape cruciale du processus de paix, » a demandé M. Negash. « Même après qu’ils soient retournés chez eux, nous anticipons qu’ils dépendent encore de l’aide humanitaire jusqu’à ce que les récoltes soient suffisantes pour nourrir leurs famille. »

Retour massifs de déplacés

Si le niveau de sécurité demeure stable et si le gouvernement conclut un accord de paix avec la LRA, le PAM prévoit un retour massif de la population vers leur résidence dans l’Acholiland.

Pour venir en aide aux personnes déplacées qui retournent volontairement chez elles, le PAM fournit un kit de retour de trois mois pour les soutenir jusqu’à ce qu’ils arrivent à semer suffisamment de nourriture. On ne peut pas fournir une aide sans avoir un stock tampon, » a précisé Tesema Negash.