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Le PAM confronté au défi de nourrir plus de 1,7 million de réfugiés en 2006

GENEVE - Tandis que les médias et la communauté humanitaire sont concentrés sur la Corne de l’Afrique, frappée par une sécheresse de grande ampleur, le Programme alimentaire mondial des Nations Unies souhaite que davantage d’attention soit apportée aux difficultés chroniques rencontrées par les réfugiés à travers le monde, notamment en Afrique.

Nourrir 1,7 million de personnes

Ces réfugiés qui vivent dans des camps, loin de chez eux, et dont la survie même dépend de notre aide, sont souvent oubliés. Même un repas quotidien fourni dans le camp le mieux organisé ne peut être considéré comme chose acquise.James T. Morris, Directeur Exécutif du PAM
Le PAM se donne pour objectif de nourrir 1,7 million de réfugiés cette année, mais les ressources nécessaires s’annoncent difficiles à trouver. « Ces réfugiés qui vivent dans des camps, loin de chez eux, et dont la survie même dépend de notre aide, sont souvent oubliés. Même un repas quotidien fourni dans le camp le mieux organisé ne peut être considéré comme chose acquise. La vie d’un réfugié est loin d’être facile » a déclaré James T. Morris, Directeur Exécutif du PAM.
Les pénuries de vivres peuvent sérieusement entraver la capacité du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) à protéger les réfugiés et à trouver des solutions durables à leurs problèmes. Les personnes affamées, sans débouchés économiques, ont souvent recours à des mesures désespérées comme le crime et la prostitution pour se nourrir et faire vivre leurs familles.

Manque de fonds

En 2005, le PAM a dû réduire les rations distribuées aux réfugiés dans certaines opérations en raison du manque de financement et faudrait devoir faire de même en 2006.

Les opérations d’aide aux réfugiés en cours qui connaissent le problème de financement le plus aigu sont notamment l’opération en Zambie, au Tchad, au Kenya, et en Ouganda, ainsi que l’intervention auprès des réfugiés sahraouis en Algérie, récemment victimes de pluies torrentielles.

Rations réduites en Zambie

La situation en Zambie a été particulièrement désespérée. Au mois de janvier, le PAM s’est vu forcé de diminuer de moitié les rations destinées à 72 000 réfugiés vivant dans des camps et campements isolés du pays, en raison d’un financement insuffisant. Les lourdes conséquences se font déjà sentir : un nombre croissant de réfugiés quitte les camps et part à la recherche de nourriture et de travail dans les villages avoisinants. Mais les paysans n’ont même pas assez de nourriture pour eux-mêmes, car la sécheresse a touché 1,4 million de Zambiens cette année. Les réfugiés n’ont donc d’autre option que de s’aventurer plus loin. Certains ont été arrêtés pour avoir quitté les camps sans permis.

La situation s’est légèrement améliorée la semaine dernière grâce aux contributions du Département britannique pour le Développement International (DFID) et l’Agence des Etats-Unis pour le Développement International (USAID). Mais il faut compter plusieurs semaines pour que les dons en nature et la nourriture achetée sur place parviennent aux camps. Un déficit de 4,6 millions de dollars doit être comblé immédiatement pour éviter que les réfugiés ne voient leurs rations de nouveau réduites dans le courant de l’année.

République Centre Africaine

La situation devient également critique pour les 45 000 réfugiés qui ont fui la République Centre Africaine pour s’installer au sud du Tchad. Le financement de cette opération, qui suscite généralement un intérêt limité chez le public, est plus difficile que dans les crises plus médiatisées.

Kenya

Quelque 253 000 réfugiés éthiopiens, somaliens et soudanais, hébergés dans deux camps au Kenya, pourraient également voir leurs rations réduites au mois d’avril à défaut de nouvelles promesses de dons. La loi kenyane veut que les camps de réfugiés soient confinés au nord et à l’est du pays, régions où la pauvreté chronique est endémique. L’isolement et l’environnement hostile autour des camps offrent peu de possibilités aux réfugiés de trouver du travail ou d’autres moyens de se nourrir eux-mêmes. L’agence a de tout urgence besoin de denrées tel que l’huile, les haricots, la farine de blé et de maïs pour pouvoir distribuer des rations alimentaires complètes. D’ici le mois de juin, le bureau du PAM au Kenya aura besoin de 16 000 tonnes de produits alimentaires, estimés à 8,5 millions de dollars.

Ouganda

En Ouganda, 165 000 réfugiés venus du Soudan, du Rwanda et de la République démocratique du Congo (RDC) restent tributaires de l’aide alimentaire du PAM pour survivre. Suite aux combats qui continuent dans l’est de la RDC, le PAM est venu en aide à 3 000 nouveaux arrivants depuis le début de l’année et a nourri momentanément 12 000 Congolais arrivés à la frontière en janvier. Entre avril et juin, lorsque certaines denrées alimentaires seront épuisées, le PAM aura besoin de 12,7 millions de dollars pour pouvoir venir en aide à ceux qui en auront besoin.

Soutenir ceux qui rentrent

Beaucoup de réfugiés libériens, rwandais et soudanais ont exprimé le souhait de rentrer chez eux depuis que chacun de ces pays s'est engagé sur la voie de la paix et de la reconstruction. Cependant, il faudra les aider à recommencer une nouvelle vie et à devenir autosuffisants économiquement.

Aider les réfugiés à retourner chez eux, c’est non seulement mettre un terme à une vie de dépendance dans les camps mais également contribuer à la paix et au développementJames T. Morris, Directeur Exécutif du PAM
« Les réfugiés soudanais souhaiteraient rentrer chez eux mais beaucoup d’entre eux hésitent car l’opération de consolidation de la paix dans le sud du Soudan manque de ressources et les services sociaux les plus élémentaires ne sont pas disponibles dans leurs localités d’origine. »
« Il est crucial que les opérations d’aide au retour des réfugiés soient pleinement financées, a déclaré James Morris.Tous les réfugiés ne désirent qu’une chose : rentrer chez eux et recommencer une nouvelle vie. Aider les réfugiés à retourner chez eux, c’est non seulement mettre un terme à une vie de dépendance dans les camps mais également contribuer à la paix et au développement. »