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Faute de financements suffisants, les réfugiés soudanais au Tchad voient leurs moyens de subsistance gravement menacés

9 avril 2026, N’Djamena – Plus d’un million de réfugiés soudanais au Tchad font face à des réductions immédiates et potentiellement mortelles de l’aide en matière d’alimentation, d’eau, d’abris, de protection et de soins de santé, ont averti aujourd’hui deux grandes agences humanitaires des Nations Unies, alors que le conflit dans le Soudan voisin entre dans sa troisième année.

Le HCR, l’Agence des Nations unies pour les réfugiés, et le Programme alimentaire mondial des Nations unies (PAM) indiquent que l’aide essentielle aux réfugiés au Tchad sera encore réduite dans les mois à venir, à moins qu'un déficit de financement de 428 millions de dollars — 289 millions pour le HCR et 139 millions pour le PAM — ne soit comblé.

Le Tchad est en première ligne de la crise soudanaise et accueille 1,3 million de réfugiés soudanais, dont plus de 900 000 sont arrivés depuis le début de la guerre, en 2023. Une personne sur treize est aujourd'hui réfugiée au Tchad ; dans l'est du pays, cette proportion est d'une personne sur trois. Le gouvernement tchadien a maintenu ses frontières ouvertes tout au long du conflit au Soudan et les communautés d'accueil continuent d'accueillir de nouveaux arrivants, dont près de 15 000 depuis janvier 2026, malgré une pression considérable sur les ressources disponibles.

Les ressources actuelles du HCR ne permettent de fournir une assistance de base qu’à quatre réfugiés sur dix, ce qui laisse de nombreuses personnes avec un accès très limité aux abris, à l’eau et aux soins de santé essentiels. Les conditions de vie dans les sites d’accueil restent critiques. Actuellement, environ 80 000 familles sont sans abri en raison du manque de financements, et dans certaines localités comme Oure Cassoni, dans la province de l’Ennedi Est, les réfugiés survivent avec moins de la moitié de la quantité minimale d’eau quotidienne requise. Les centres de santé sont débordés, les services de protection essentiels pour les survivantes et survivants de violences sexuelles et basées sur le genre sont réduits et les services éducatifs sont saturés, avec des classes comptant plus de 100 enfants par enseignant dans la plupart des sites.

Par ailleurs, plus de 243 000 personnes sont bloquées dans les zones frontalières de l’est, faute de financements suffisants pour les relocaliser vers des sites plus à l’intérieur du pays. Les familles dorment à la belle étoile ou dans des abris de fortune, et sont confrontées en permanence aux risques de maladies, d'insécurité et aux conditions climatiques extrêmes.

« Ce que nous observons dans l’est du Tchad illustre le coût humain des insuffisances de financement », a déclaré Patrice Ahouansou, représentant du HCR au Tchad. « Nous avons terminé l’année 2025 avec seulement environ un tiers des ressources nécessaires pour répondre pleinement à l’urgence de la situation des réfugiés dans l’est. Compte tenu de la gravité de la situation actuelle, sans un soutien urgent des donateurs, cette année sera marquée par des coupes budgétaires plus importantes, des conditions de vie encore plus difficiles et des souffrances accrues pour des familles qui ont déjà fui la guerre. »

Le PAM est également profondément affecté par le manque de financements, disposant de moins de la moitié des ressources nécessaires. L’agence apporte une assistance alimentaire à plus d’un million de personnes dans les zones d'accueil des réfugiés, mais elle a déjà été contrainte de réduire de moitié cette assistance pour la majorité d'entre eux. Les femmes et les jeunes enfants en subissent les conséquences de manière disproportionnée et immédiate, car la prise en charge nutritionnelle des nouveaux arrivants est sous forte pression.

Bien que le PAM et le HCR investissent également dans des solutions durables, telles que la résilience, l’inclusion et la protection sociale, afin de réduire la dépendance à l’aide humanitaire, l’assistance d’urgence reste une bouée de sauvetage essentielle, menacée de manière imminente.

« Le PAM demeure engagé dans la lutte contre l’insécurité alimentaire au Tchad, à court comme à long terme. Mais avec moins de la moitié des ressources dont nous avons besoin, nous ne pouvons pas fournir une aide alimentaire suffisante aux personnes les plus vulnérables », a déclaré Sarah Gordon-Gibson, directrice et représentante du PAM au Tchad. « Cela contraindra les familles à adopter des stratégies d'adaptation dévastatrices qui mettront des vies en danger. »

Le HCR et le PAM tiennent à remercier l’ensemble des donateurs pour leur soutien et leur générosité jusqu’à présent. Ils les invitent toutefois à mobiliser d'urgence des financements pour les six prochains mois afin de maintenir l’assistance. L’ouverture continue du Tchad doit être accompagnée, dès à présent, d’un partage équitable de la responsabilité internationale, avant que la situation ne se détériore davantage.

Note aux rédacteurs :

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Le Programme alimentaire mondial des Nations Unies est le plus grand organisme humanitaire au monde il sauve des vies en situations d'urgence et utilise l'assistance alimentaire pour ouvrir une voie vers la paix, la stabilité et la prospérité au profit de ceux qui se relèvent d'un conflit ou d'une catastrophe ou subissent les effets du changement climatique.

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