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Face à la souffrance, davantage d'aide est nécessaire au Niger

En 2006, sans aide supplémentaire, des millions de personnes seront à nouveau confrontées à la faim.

Face à la souffrance, davantage d'aide est nécessaire au Niger

NIAMEY - Le Programme Alimentaire Mondial des Nations Unies a averti ce matin que des millions de personnes au Niger seraient exposées à d’extrêmes souffrances et difficultés pour la seconde année consécutive, si la communauté internationale ne renouvelait pas son engagement. En effet, le Niger est toujours confronté à une crise alimentaire avec une malnutrition persistante parmi les enfants.

Une période très difficile

« Il suffirait d’un rien pour mener les familles à nouveau au bord du précipice, a déclaré Gian Carlo Cirri, Directeur du PAM pour le Niger. De nombreuses personnes ont déjà utilisé tous les moyens à leur disposition pour traverser cette année et les récoltes n’apporteront qu’un court répit. La communauté internationale doit renouveler ses efforts pour les aider dans ce qui reste une période très difficile. »

Les stocks de nourriture sont limités

Le PAM vient d’achever une mission d’évaluation de la sécurité alimentaire dans les zones les plus affectées du Niger ; elle révèle une inquiétante situation de pauvreté, d’endettement et d’insécurité alimentaire largement répandue. Plus de 1,2 million de personnes n’ont de stocks de céréales que pour à peine trois mois et deux millions de personnes ont des réserves qui dureront au maximum cinq mois. Deux autres millions de personnes connaissent une année précaire, luttant pour préserver des moyens de subsistance déjà extrêmement limités ».

Stratégies de survie limitées

Même avec des pluies suffisantes, des criquets à l’écart, des bonnes récoltes et des prix de la nourriture stables l’année prochaine, de nombreux Nigériens ont d’ores et déjà épuisé leur capacité à faire face aux difficultés. Leurs stratégies de survie seront moins fiables et durables en 2006.

200 000 enfants traîtés

Actuellement, l’accent est mis sur le problème de malnutrition parmi les jeunes enfants. Pour soutenir l’effort global de nourrir les 2 millions personnes les plus vulnérables, le PAM approvisionne les centres d’alimentation thérapeutique et supplémentaire. En collaboration avec UNICEF et MSF, environ 200 000 enfants ont pu être traités dans 700 centres à travers les régions les plus affectées cette année. Des rations alimentaires ont aussi été distribuées à leurs familles.

Une rupture d'approvisionnement en vue

Pour financer l’actuelle opération d’urgence jusqu’en mars 2006, le PAM a encore besoin de 20,3 millions de dollars, dont 8,3 millions immédiatement. Une rupture dans l’approvisionnement en nourriture se profile dès décembre si les dons n’arrivent pas.

Une maigre récolte

L’évaluation a également montré que la production agricole n’était pas d’aussi bonne qualité qu’elle aurait dû l’être, car de nombreux chefs de familles avaient dû quitter leur village pour aller chercher du travail au cours de l’année.

Beaucoup de personnes endettées

Alors que les agriculteurs du Niger ne récoltent souvent pas suffisamment pour se nourrir toute une année, les méthodes traditionnelles de compensation ont été largement exploitées. Nombreux sont ceux qui ont vendu une grande part de leur bétail pour en tirer un revenu ou parce qu’ils ne pouvaient plus le nourrir. Largement endettés, ils sont entièrement dépendants du travail trouvé au jour le jour ou de l’envoi d’argent par des proches.

Une malnutrition persistante

Souvent, la consommation insuffisante de nourriture et un régime alimentaire peu varié contribuent à augmenter la malnutrition parmi les plus vulnérables, en particulier chez les jeunes enfants.

Des prix instables

Les prix des céréales sur les marchés du Niger se sont quelque peu stabilisés depuis la récolte, permettant à beaucoup de gens d’atténuer les conséquences de la crise alimentaire de cette année. Cependant, les prix du marché du millet et du sorgho restent légèrement au-dessus de la moyenne des cinq dernières années, faisant craindre que les produits de première nécessité n’atteignent à nouveau des prix hors de portée des ménages pauvres lorsque leurs réserves seront épuisées.

Une pauvreté chronique
Si l’année prochaine les gens ne peuvent à nouveau acheter la nourriture, il est très probable qu’ils devront faire face à la même situation que cette année Gian Carlo Cirri, Directeur du PAM pour le Niger.

« Si l’année prochaine les gens ne peuvent à nouveau acheter la nourriture dont ils ont besoin, il est très probable qu’ils devront faire face à la même situation que cette année. Le plus grand problème du Niger, c’est la pauvreté - quand les stratégies de survie sont épuisées et que tout pouvoir d’achat a disparu, le désastre guette », déclare M. Cirri. L’information recueillie au cours d’une autre mission d’évaluation, réalisée en collaboration avec la FAO et le Gouvernement du Niger, est encore en cours d’analyse et sera utilisée pour adapter de façon appropriée les opérations pour 2006.

Trois millions de personnes secourues

Avec l’achèvement des distributions générales d’aide alimentaire début octobre, près de trois millions de personnes ont reçu de la nourriture, mais des besoins urgents demeurent. Pour répondre aux besoins les plus pressants, le PAM a prolongé son opération d’urgence en cours jusqu’à fin mars 2006.

Une solution à long terme

« Le Niger a malheureusement disparu de l’agenda international, ce qui pourrait avoir des conséquences désastreuses pour ceux qui continuent de souffrir des effets de la crise de cette année. Le Niger n’a pas seulement besoin d’une solution à courte terme, mais d’un soutien ciblé et durable pour l’aider à sortir une fois pour toutes de son écrasante pauvreté» affirme M. Cirri.