Vivre, travailler et élever des enfants à Kaboul, témoignage d'un employé du PAM

Publié le 30 juillet 2010

Pour des raisons de sécurité, Mirwais est souvent amené à se déplacer en hélicoptère.

Copyright: WFP/Afghanistan

La vie n’est pas facile à Kaboul mais Mirwais Shinwary n’aimerait pas vivre ailleurs. Après avoir fui au Pakistan dans les années 90, il a saisi l’opportunité de renter en Afghanistan pour participer à la reconstruction de son pays en tant que chef de la division informatique du PAM.
KABOUL – Mirwais n’a pas regretté sa décision de rentrer avec sa famille en Afghanistan qu’une seule fois. « Je rentrais chez moi du bureau et au moment où je traversais le marché, il y a eu une explosion. D’une minute à l’autre, je me suis retrouvé par terre avec plusieurs blessés autour de moi, » indique-t-il.
Sa première pensée était pour ses enfants : ils prenaient cette route pour rentrer de l’école, à exactement cette heure-ci.
« J’ai eu tellement peur qu’ils soient parmi les victimes, » se rappelle Mirwais.
Heureusement, ses enfants étaient sains et saufs chez lui quand il est rentré à la maison. Pourtant, il se souvient toujours de ce moment comme l’un des seuls où il a remis en question sa décision de retourner dans son pays.
Résistant
Comme la plupart des afghans, Mirwais ne se laisse pas facilement décourager. Dans les années 90, alors qu’il n’avait que 12 ans, la violence a sévi dans son pays. Sa famille a quitté Kandahar, son lieu de naissance, pour se réfugier au Pakistan. Son père a été tué dans une embuscade pendant le voyage et Mirwais, qui est l’aîné de sept frères, est devenu chef de famille.
« Nous avons tout laissé. Quand nous sommes arrivés à Peshawar, nous n’avions plus rien, même pas d’objets de souvenirs ou de photos. Nous avons dû recommencer à partir de rien. » Mais ces circonstances ne l’ont pas empêché de poursuivre son éducation et d’obtenir un diplôme en génie électrique à l’Université de Peshawar.
Même si sa famille a reconstruit sa vie au Pakistan, Mirwais est rentré dans son pays d’origine dès que l’occasion s’est présentée. Il a travaillé comme responsable informatique au Bureau des Nations Unies pour les services d'appui aux projets (UNOPS) avant de rentrer au PAM en tant que chef de la division informatique.
Eventuellement, ses frères, avec leurs familles, l’ont rejoint et actuellement, ils habitent tous ensemble à Kaboul.
Travail, travail et plus de travail
Le PAM fournit les services informatiques à l’ensemble du réseau onusien à Kaboul. Ainsi, Mirwais est un homme très occupé. « Je travaille entre 10 à 12 heures par jour, 52 semaines par an. C’est difficile car, nous sommes toujours en mode d’urgence. En outre, l’Afghanistan n’a quasiment pas d’électricité, donc nous dépendons beaucoup des générateurs. C’est un défi majeur d’établir une connexion internet, » explique-t-il.
Mais le plus grand défi reste l’insécurité. « Pour installer des antennes ou réparer de l’équipement, il faut être accompagné d’une escorte armée, ce qui ralentit les démarches. »
L’insécurité touche également la vie privée. « Les weekends, je ne peux pas emmener ma famille pour piqueniquer. Il y a même des jours où nous ne pouvons pas sortir de la maison – il faut rester chez nous à l’abri. »
Mais Mirwais et sa famille se sont habitués à ces contraintes et font de leur mieux pour profiter du temps ensemble. Comme d’autres pères, Mirwais aide ses enfants avec leurs devoirs et passe le reste du temps à étudier lui aussi.
« Je suis fasciné par la publicité. J’ai donc suivi quelques cours à distance sur le comportement des consommateurs et le marketing. J’ai toujours aimé étudier et c’est comme ça que je passe la majorité de mon temps à la maison, » ajoute-il.