Une oasis improbable : Des familles déplacées trouvent un peu de répit dans les camps de Debaga et Ashti en Irak

Publié le 21 octobre 2016

Toutes les photos : WFP/Joelle Eid

La Chargée de communication du Programme alimentaire mondial (PAM), Joelle Eid, a récemment visité les familles déplacées vivant dans les camps Debaga et Ashti dans le nord de l'Irak. Des milliers de personnes ont fui les zones contrôlées par l'organisation de l'Etat islamique. Ce sont les histoires de certaines des personnes que Joelle rencontrés.

DEBAGA CAMP

L'aggravation du conflit dans et autour de Mossoul oblige un grand nombre de personnes à fuir leurs maisons et à se réfugier dans le camp Debaga, dans le gouvernorat d'Erbil, dans le nord de l'Irak. Les familles continuent d'arriver d'autres zones d'insécurité telles que Kirkouk et Salah al-Din gouvernorats.

Farah a 8 ans, elle est originaire de la ville de Mossoul. Elle a fui sa ville natale à pied accompagnée de sa grand-mère qui raconte que le manque de nourriture était la principale raison de leur départ. La mère et le père de Farah sont toujours à l'intérieur la ville de Mossoul en attendant le bon moment pour partir. Ils craignaient le voyage avec les jeunes frères et sœurs de Farah et ont décidé de l'envoyer avec sa grand-mère à la place. Il y a un an, avant que les écoles à l'intérieur de la ville ne ferment, Farah était en deuxième année.

Plus tôt cette semaine, Marwa du haut de ses 6 ans, a marché de Mossoul de la tombée de la nuit jusqu'à l'aube avant d'arriver là ou elle a trouvé de l'aide. Sa mère nous a dit que, pendant les premières heures du voyage, la famille a dû marcher pieds nus dans la crainte d'être détectés par les forces de l'organisation terroriste. Dès qu'ils sont arrivés au centre de transit de Debaga, ils ont reçu immédiatement des aliments prêts-à-manger du PAM, assez pour nourrir la famille pendant trois jours en attendant d'être transférés à leur nouveau refuge.

Ferial a 20 ans, ou Farfoura comme ses amis l'appellent, a quitté son domicile dans la ville de Hawija, au nord de Bagdad plus tôt cette semaine. Ferial et sa famille ont dû marcher pendant 14 heures jusqu'à ce qu'ils atteignent l'aide et ont ensuite été transportés vers le centre de transit du camp de Debaga. Comme toutes les familles déplacées qui font leur chemin vers les centres de sécurité, Ferial et sa famille ont reçu une aide alimentaire immédiate du PAM. Se rappelant son temps à la maison, Ferial a dit : «La seule chose que nous pouvions nous permettre d'acheter au cours des derniers mois avant notre départ était l'aubergine. Nous avons fini par manger beaucoup de ragoûts d'aubergine.»

LE CAMP ASHTI

Le camp dans Erbil accueille principalement des familles irakiennes qui ont fui Mossoul peu après que l'EI ont pris des parties du gouvernorat en 2014. Les familles dans le camp reçoivent maintenant une assistance alimentaire du PAM par le biais de transferts en espèces. Ce programme novateur a été lancé en 2016 pour renforcer l'assistance alimentaire aux réfugiés et aux personnes déplacées internes  vivant en Irak.

Malak et Mina sont deux sœurs originaires de la plaine de Mossoul. En Avril 2015, la famille a dû fuir et trouver refuge ailleurs. Ils sont restés d'abord dans une tente pendant quatre mois, puis déplacés vers un centre commercial transformé en abri et se soont finalement installé dans le camp d'Ashti pour les personnes déplacées. Leur plat irakien préféré est Mumbar, les petits intestins d'agneau farcis avec du riz et de la viande hachée et beaucoup d'ail.

Ghazwa prépare le plat préféré de sa famille, Dolma, un plat à base de légumes farcis à la viande hachée et du riz. Déplacée de sa maison dans les plaines autour de la ville de Mossoul depuis 2014, sa famille et des milliers d'autres reçoivent une assistance alimentaire mensuelle du PAM.

Hanaa et son fils Steven sont originaires du gouvernorat de Mossoul. La famille est maintenant déplacée à Erbil et reçoit une assistance en espèce mensuellement du PAM. Hanaa souhaite avoir assez d'argent pour faire du bénévolat dans les camps et les centres d'accueil des familles qui continuent à fuir le gouvernorat.