Rencontrer les bénéficiaires du PAM à Madagascar

Publié le 24 février 2010
La sécheresse est une des causes principales de la faim à Madagascar, un pays en proie aux catastrophes naturelles. Alors qu’on s’attend à des conditions climatiques de plus en plus arides, l’action du PAM, qui améliore l’accès à la nourriture, est d’autant plus importante. Le PAM apporte une assistance vitale à beaucoup de malgaches qui luttent chaque jour pour nourrir leur famille.

L’agence a mis en place des programmes de repas scolaires pour attirer les enfants vers l’école et les aider à se concentrer. De plus, pour renforcer le statut nutritionnel et sanitaire des écoliers, le PAM distribue des pastilles de déparasitage et des suppléments de fer et d'acide folique dans trois régions au sud du pays. Regarder les photos des activités de déparasitage

Le PAM mène également plusieurs programmes de vivres contre travail pour renforcer les capacités locales. Dans les districts d’Ambovombe et Tsihombe, les bénéficiaires de l’initiative construisent un bassin de captage d’eau pour améliorer l’approvisionnement des communautés bénéficiaires. En échange de leur participation, ils reçoivent une ration familiale quotidienne de céréales et de légumineuses. 

La nourriture du PAM fait une réelle différence dans la vie des malgaches. En voici quelques témoignages, depuis le sud du pays.
 
« Servir mon pays »
Juvence, 12 ans, vit avec sa mère et ses 3 frères et sœurs à Anjatoka. Sa mère travaille dans le petit commerce et  subvient tant bien que mal aux besoins de sa famille. Trouver de quoi nourrir ses enfants est un défi quotidien surtout en période de « kere » (soudure). Parfois, la famille doit se contenter de patates douces en guise de repas. 
La soudure est une période délicate pour les ménages vulnérables. De nombreux parents sont contraints de retirer leurs enfants de l’école pour contribuer au travail domestique et pour trouver à manger.  
Juvence a la chance d’être inscrit à l’école d’Andaboly. Depuis mai 2008, le PAM fournit des repas à 900 élèves chaque jour, avec l’appui du gouvernement malgache et des pays donateurs comme la France et la Norvège.  
« Les repas scolaires incitent les parents à maintenir leurs enfants en classe», explique Hoaovaoe Modestine, directrice de l’école. 
La nourriture motive Juvence à assister au cours « Plus tard, j’aimerais être gendarme. Ce sera ma manière de servir le pays », confie-t-il.  
 
L’eau, ressource clé à Madagascar
« 20 kilomètres à pied »
Zafy, 20 ans, habite avec son mari et leurs deux enfants dans le village d’Andratino, dans la province d’Ambovombe. 
Ici, les femmes doivent marcher 20 kilomètres tous les jours pour aller chercher de l’eau à Manambovo. Mais tout cela va bientôt changer.
En octobre 2009, le PAM a mis en place des activités de vivres contre travail (VCT) en collaboration avec « Adventist Development and Relief Agency » (ADRA) et avec le soutien de l’USAID. En améliorant l’accès à l’eau dans ce pays menacé par la sécheresse, ces programmes renforcent la sécurité alimentaire à Madagascar. 
Aujourd’hui, Zafy participe à la construction d’un projet de bassin pour le captage d’eau près de son village. « Avoir de l’eau à proximité changera notre vie. En plus, la nourriture que nous recevons nous aide à passer la période de sécheresse en de meilleures conditions», explique-t-elle.
 
Réduire les risques sanitaires
Pendant cette période critique, le manioc et le maïs constituent les seuls repas de la journée pour Florine, 20 ans, et sa petite fille d’un an et demi
Depuis qu’elle participe au projet de captage d’eau, Florine connaît un regain d’espoir pour son avenir et celui de sa petite.
« Le bassin m’évitera de marcher plusieurs heures pour chercher de l’eau. C’est d’autant plus de temps gagné dans une journée pour m’occuper de ma fille et de participer à d’autres activités qui m’assureront un petit revenu. De plus, avec un accès à l’eau potable, nous tomberons moins malade», confie-t-elle.  
Les activités de VCT ont le bénéfice double de lutter contre la faim pendant la période de soudure et de doter les communautés locales d’infrastructures productives qui leur assure leur avenir.
« Le projet du PAM nous rend acteurs de notre propre développement. Nous créons nos moyens de subsistance et apprenons à les gérer et à les entretenir », explique Sambiavy, chef du village. 
 
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