En République Centrafricaine, le PAM se rapproche des personnes dans le besoin

Publié le 29 octobre 2013

Monique Soso, une agricultrice de 40 ans, reçoit  une assistance alimentaire dans son village de Boro. Elle affirme que ces rations  la rendront assez forte pour travailler son champ d’un hectare, dans lequel elle fait pousser des niébé (haricots).

Copyright: WFP/Djaounsede Pardon.

Le Programme alimentaire mondial (PAM) fournit une assistance alimentaire vitale à environ 200 000 personnes en République Centrafricaine, où des mois de conflits ont poussé des milliers de personnes à quitter leurs maisons et leurs champs. Dans la préfecture de Bouar, le PAM distribue des rations alimentaires aux agriculteurs pour s’assurer qu’ils peuvent continuer à travailler leurs champs et stimuler ainsi la production agricole.

Par Djaounsede Pardon, PAM République Centrafricaine

Bouar, République Centrafricaine – Quand le PAM et les autres agences humanitaires sont rentrées à Bouar en octobre, les résidents les ont accueillis avec des applaudissements, des chants et des danses traditionnelles.

Pour ces hommes, femmes et enfants, le retour de l’agence pour l’alimentation de l’ONU et la réouverture de son bureau signifie que le monde n’a pas oublié leur détresse.
" Nous sommes ravis de vous (les acteurs humanitaires) savoir de retour, ici à Bouar. La population ici a beaucoup souffert de la pénurie alimentaire" a déclaré Ali Haoudou Moumini, le maire de Bouar, qui se trouve à 450 kilomètres à l’ouest de la capitale, Bangui.

" Nous espérons que le PAM continuera à nous aider, notamment les jeunes, à reconstruire les routes et à reprendre les activités agricoles à travers son programme de vives-contre-travail," a-t-il ajouté.
Jusqu’à 500 000 personnes ont besoin d’une aide alimentaire immédiate en République Centrafricaine, et ce chiffre est susceptible d’augmenter car la saison des plantations a été perturbée par le conflit et les déplacements de population.  Le PAM a ré-ouvert des bureaux dans le Nord-Est et l’Ouest, et utilise des équipes mobiles afin d’être en contact avec la population dans les zones qui restent instables.

Sur le terrain
Le bureau du PAM à Bouar est l’un des 4 bureaux qui ont été temporairement fermés en mars en raison  des combats. Les membres du gouvernement, les officiels des autres agences de l’ONU et les partenaires du PAM ont fait partie de ceux présents pour la cérémonie de réouverture le 22 octobre. Le jour même, des rations alimentaires ont été distribuées à des agriculteurs en situation précaire dans le village de Bor, à 18 kilomètres de Bouar.

Après l’éclatement d’un nouveau conflit en mars, nombreux sont ceux qui ont fui vers Bouar pour échapper aux combats dans les zones rurales environnantes. La demande alimentaire a augmenté mais l’offre reste faible car les agriculteurs ont été contraints de fuir leurs villages, et l’accès aux outils et aux semences a été perturbé. De nombreux agriculteurs ont raté la première saison de plantations, qui a commencé en avril/mai.

Le PAM a repris les distributions alimentaires à Bouar en Août pour s’assurer que les agriculteurs ont conservé leurs semences pour les plantations et n’ont pas adopté de stratégies de survie préjudiciables, comme la vente d’outils nécessaires ou de semences pour éviter la faim. 

En partenariat avec Mercy Corps et le programme de sécurité alimentaire du gouvernement, PREVES, le PAM distribue des rations alimentaires à 18 330 personnes depuis 3 mois dans 4 zones, y compris Bouar.

La réouverture du bureau du PAM à Bouar, servira de bureau commun à d’autres agences de l’ONU et des ONG partenaires. Il assurera la coordination des interventions humanitaires, et fournira une assistance aux personnes qui en ont le plus besoin.

Une période critique

Aristide Sokami, Ministre Centrafricain de l’Administration Territoriale, de la décentralisation et de la régionalisation, a coupé le ruban des bureaux durant l’inauguration.
" Nous sommes très sensibles à ce que le système des Nations Unies a fait, fait et fera pour notre pays " a déclaré Sokambi. " Je souhaite que le PAM continue à assurer les distributions de vivre dans cette zone mais ce ne devrait être qu’une assistance complémentaire. J’espère que le préfet de Bouar saura rapidement mener la population au travail afin qu’ils puissent fournir et assurer leur propre sécurité ", a-t-il ajouté.

La réouverture des bureaux de Bouar montre que les agences de l’ONU sont déterminées à aider le gouvernement dans l’aide aux personnes vulnérables dans ces temps de crise aigüe.

Le PAM est en train d’intensifier ses actions sur le territoire centrafricain, malgré l’insécurité qui pousse la population à abandonner leurs maisons et leurs fermes. Le PAM fournit une assistance alimentaire aux familles déplacées, aux réfugiés, aux femmes enceintes, aux mères allaitantes, aux enfants malnutris et aux agriculteurs vulnérables dans les zones touchées par le conflit.