Guatemala: les femmes prennent en charge leur ferme

Publié le 31 octobre 2012

Grâce au projet P4P, les femmes comme ces membres de l'association AMMYA peuvent apprendre à devenir des agricultrices efficaces.

Copyright: WFP/Frances Kennedy

Aider les femmes rurales à devenir des agricultrices efficaces est un des meilleurs moyens de bâtir un monde sans faim. Le programme d’Achats pour le Progrès connu sous son acronyme anglais ‘P4P’ est basé exactement sur ce principe. À ce titre, au Guatemala, avec le soutien de l’Agence canadienne de développement international, les femmes agricultrices reçoivent une formation pour améliorer la quantité et la qualité de leur production et mieux vendre leurs produits sur le marché local. Voici quelques résultats concrets de ce programme qui mise sur les femmes.
YUPILTEPQUE- Roxanna Valenzuela garde un souvenir très précis de son enfance dans un village au Guatemala- comment la communauté avait abandonné sa famille parce que sa mère, une mère seule, insistait sur la nécessité d’envoyer ses trois filles à l’école alors même qu’elle luttait pour joindre les deux bouts et nourrir sa famille.
Aujourd’hui, Roxanna, 32 ans, est Secrétaire de l’Association municipale des femmes actives d’Yupiltepque (AMMYA), un groupe agricole qui participe au projet P4P du PAM destiné à faciliter l’accès des agriculteurs aux marchés en s’appuyant sur les capacités d’achat du PAM. Dans moins d’un an, grâce au projet P4P, l’association a réussi à vendre 11,3 tonnes de maïs et de haricots au PAM au Guatemala.
«Participer au projet P4P m’a beaucoup appris. Nous constatons des résultats bien concrets et nous gagnons plus. Je veux désormais tester mes capacités en recherchant d’autres opportunités pour notre association,» a indiqué Roxanna, mère de deux garçons.
Apprendre le métier
AMMYA a été fondée il ya quelques années car «nous nous sommes aperçus qu’il y avait très peu de chance pour améliorer nos vies à Yupiltepque,» a expliqué Rosadillia Quintanilla, 32 ans et Présidente de l’AAMYA. 
Lorsqu’elles ont appris qu’elles avaient une opportunité de participer à un programme pour les groupes agricoles, elles en étaient ravies. «Beaucoup d’entre nous viennent de familles agricoles mais auparavant P4P n’a jamais été un élément  qui entre en compte dans nos activités agricoles, » a ajouté Rosadillia.
P4P a permis d’introduire de nouvelles semences et de mettre en place des formations offertes par des partenaires techniques pour apprendre aux agriculteurs comment renforcer la qualité et la quantité de leur production. De plus, P4P vise à atteindre un taux de participation de 50% chez les femmes dans certains pays comme le Guatemala. Par conséquent, l’initiative comprend également des formations et des politiques axées sur le genre et développe des plans d’action pour mieux intégrer les femmes.
«La formation nous a renforcé comme groupe,» a indiqué Berta, 60 ans.
«Au départ, il y avait tellement de choses à faire dans le domaine de la qualité des denrées que c’était un peu effrayant mais nous avons bien compris que sans respecter les standards mis en place par le PAM pour l’achat des vivres, nos efforts étaient gaspillés.»
Constater la différence
À côté du champ de test se trouve un deuxième champ où les femmes ont planté les mêmes quantités de haricots mais avec d’autres semences et en suivant les anciennes pratiques. Ainsi, elles peuvent se rendre compte de la différence, montrer les résultats et comparer les coûts.
«Avec l’argent que j’ai gagné lors de la première vente, j’ai pu élargir mon activité de pâtisserie et produire un plus grand nombre de gâteaux. J’ai également pu acheter des vêtements et des chaussures pour mes enfants. J’ai aussi réussi à construire une cage pour élever des poules,» a raconté Rosadillia.
De plus, le succès de ce groupe de femmes a été reconnu par les autres membres de la communauté.
«Initialement, les hommes étaient un peu cyniques mais ils ont changé d’avis depuis et même nous, nous faisons un effort- nous allons ouvrir les portes à 17 hommes dans notre association. Néanmoins, le conseil d’administration sera toujours et uniquement composé des femmes,» a informé Berta.
Le groupe va également postuler à un nouveau programme gouvernemental- el Triangulo del la Dignita- composé de trois volets d’action : le crédit, la formation et une subvention de 3 000 quetzal (370 dollars).
«En travaillant ensemble, nous sommes plus motivés. P4P nous a permis de réussir et nous souhaitons faire encore mieux pour améliorer nos vies,» a conclu Rosadillia. 
 
Photo: Rosadillia Quintanilla, Présidente AMMYA Copyright: WFP/ Francisco Fion