Mali:l’assistance alimentaire offre une bouée de sauvetage à une famille déplacée par les violences

Publié le 15 février 2013

Aissata et ses enfants ont fui les violences au nord du Mali au printemps dernier. Depuis, ils vivent à Bamako dans une petite hutte qu'ils partagent avec 30 personnes.

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Alors que le conflit s’intensifie au Mali, des milliers de personnes qui ont été obligées de fuir leur maison, luttent pour leur survie dans d’autres régions du pays. Aissata Walet en fait partie. Obligée de louer une hutte qu’elle partage avec 30 personnes à Bamako, Aissata explique qu’elle ne saurait pas comment nourrir ses enfants sans le soutien du PAM.
par Daouda Guirou
BAMAKO – Lorsque le conflit a éclaté au nord du Mali au printemps dernier, Aissata Walet a fui avec ses enfants vers Bamako. Depuis, ils se sont installés sur place, partageant une hutte à deux pièces avec 30 autres personnes. Le soir, il n’y a pas assez de place pour héberger tout le monde donc ses enfants dorment sur le toit. 
«Lorsqu’il pleut, ils se mettent sous les escaliers. Ils mettent les coussins contre le mur pour dormir», indique-t-elle. Aissata, 43 ans, fait partie de ces dizaines de milliers de maliens du nord qui sont venus au sud pour se réfugier.
Beaucoup ont été accueillis chez des familles qui les ont hébergés. Mais d’autres comme Aissata ont dû se débrouiller eux-mêmes. «J’ai dû louer une maison et payer les frais de scolarité pour mes enfants. Je dois payer pour tout», explique-t-elle.
Néanmoins, il y a une chose pour laquelle Aissata ne doit rien dépenser : les rations de farine, d’huile, de sucre et de haricots qu’elle reçoit de la part du PAM. «Sans ce précieux soutien, je serais obligée de mendier», confie-t-elle.
Loin de chez eux
Aissata vient de Gao, une ville qui se trouve sur le front des combats. Les violences ont déplacé plus de 480 000 personnes depuis avril 2012. Loin de chez elle et sans emploi, elle n’a aucun moyen de s’occuper de sa famille.
«Deux de mes enfants ne sont pas allés à l’école depuis une semaine car ils ont attrapé la grippe et je ne peux même pas acheter des médicaments », nous dit-elle. Un nombre croissant de familles se retrouvent dans la même situation alors que le conflit s’intensifie au nord du Mali.
Les affrontements militaires en janvier ont provoqué une nouvelle vague de déplacés. Près de 10 000 personnes sont parties vers Mopti et Ségou. À l’approche du conflit, le PAM a dû temporairement suspendre ses opérations dans la région. Quelques jours après, l’agence a  repris ses activités pour venir en aide à plus de 58 000 personnes déplacées. 
Situation très volatile 
Les familles qui sont restées au nord sont plus difficiles à atteindre même si le PAM a envoyé des vivres vers Tombouctou et Gao par bateaux sur le fleuve Niger. 
Alors qu’il est encore impossible de mener des missions d’évaluation dans le nord du pays, selon certaines indications, dans les endroits comme Mopti près de 70 pourcent des familles luttent pour leur survie. 
«Le PAM continuera à surveiller de tout près la situation et à explorer d’autres solutions pour acheminer de l’assistance humanitaire comme, par exemple, des opérations transfrontalières à travers le Niger et le pré-positionnement de vivres en Mauritanie et au Burkina Faso» a déclaré Zlatan Milisic, Directeur du PAM au Mali. 
Au total, le PAM prévoit de soutenir plus de 564 000 personnes touchées par le conflit au Mali et dans les pays voisins.