Malgré des conditions difficiles, le PAM apporte une assistance vitale à des milliers de personnes déplacées dans l’est de la RDC

Publié le 27 novembre 2012
Des milliers de personnes déplacées sur les routes des Kivus.
Copyright: WFP/Djaounsede Pardon
Des dizaines de milliers de personnes sont encore une fois jetées sur les routes de l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Ballots en équilibre sur la tête, poussant parfois de très lourds Chukudus, sorte de trottinettes de bois artisanales, les civils fuient avec leurs maigres biens les combats qui font rage dans la région. Le PAM, malgré les conditions de sécurité très précaires, met tout en œuvre pour venir en aide à ces populations en détresse.
GOMA – Avec ses 10 enfants, Mujinya Kobua a dû encore une fois reprendre la route quand les rebelles ont attaqué Goma mi-novembre. Le camp de Kanyaruchynia, où elle avait trouvé refuge et assistance depuis plusieurs semaines, situé à une dizaine de kilomètres au nord de la ville, hébergeait près de 30 000 déplacés. Il s’est vidé en quelques heures. Désormais Mujinya dort avec ses enfants dans le centre Don Bosco, une institution catholique au centre de la capitale provinciale avec quelque 11 000 autres personnes qui, comme elle, n’ont plus aucun moyen de subvenir à leurs besoins de base.
“Nous sommes partis quand le front a bougé et que les combats se sont rapprochés. Ici, dans le centre, il n’y a quasiment pas d’eau potable, rien à manger et nulle part où s’allonger », a raconté Mujinya peu après son arrivée à Don Bosco. Quelques heures plus tard, elle a reçu de la farine, de l’huile, du sel et des légumineuses. Une ration du PAM de trois jours qui durera le temps de décider de rester à Goma ou de rentrer dans son village du Rutchuru, plus vers le nord. 
Le 23 novembre, après une courte suspension de ses activités due à l’insécurité, le PAM a entamé des distributions de rations alimentaires pour plus de 81 000 personnes récemment déplacées et réparties dans douze sites au centre et à la périphérie de Goma. Certains ont déjà choisi de rentrer à Rutshuru. 
“Ces déplacés avaient quitté leurs villages il y a quelques mois, quand le Rutshuru était le théâtre d’une nouvelle flambée de violences. Ils sont arrivés à Goma avec quasiment rien, ils ont laissé derrière eux leurs champs à l’abandon.  La plupart auront besoin d’une assistance alimentaire à leur retour », a expliqué Martin Ohlsen, Directeur du PAM en RDC. 
“L’assistance alimentaire est essentielle pour ces déplacés qui n’ont aucun accès à la nourriture. Leur situation est d’autant plus grave que les prix des denrées alimentaires ont considérablement augmenté sur les marchés locaux », a ajouté M. Ohlsen, qui s’est rendu les 25 et 26 novembre à Goma et Bukavu, dans le Sud Kivu.
Avec quelque 140 000 nouveaux déplacés, la situation humanitaire à Goma s’est encore dégradée. Les coupures d’électricité ont engendré une interruption des distributions d’eau potable dans la ville pendant plusieurs jours. Les services n’ont repris que le 27 novembre.
Des milliers de Congolais sont également sur les routes du Masisi, et dans le territoire de Kalehe, la partie nord du Sud Kivu. Cependant, la situation sécuritaire, ajoutée à un accès très difficile faute de routes praticables, limitent les possibilités pour le PAM et les autres agences des Nations Unies d’évaluer la situation et les besoins d’assistance humanitaires dans ces zones. 
Malgré les graves tensions dans l’est du pays, le personnel du PAM est toujours sur le terrain prêt à intervenir dès que les conditions de sécurité le permettent. Le PAM poursuit déjà ses programmes dans une grande partie du Sud Kivu et va reprendre très prochainement ses activités à Bunia, dans la province Orientale, où ses locaux ont été vandalisés et partiellement pillés ainsi que les entrepôts et des camions de vivres.
Depuis janvier 2012, le PAM a apporté une assistance alimentaire à près d’un million de personnes dans les cinq provinces de l’est du pays, dont les deux Kivus, dans le cadre de ses opérations d’urgence.