Madagascar: la population se redresse petit à petit après le passage du cyclone Haruna

Publié le 30 avril 2013

Au total, le PAM assiste près de 13 000 personnes à travers les activités de Vivres contre Travail à Tuléar et Morombe, au sud-ouest de Madagascar.

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Depuis la mi-mars, les populations des districts de Toliara I, Toliara II et Morombe s’activent dans des travaux communautaires sous forme de Vivres-contre-Travail du PAM afin de se redresser suite aux dégâts causes par le passage du cyclone tropical Haruna dans le sud au mois de février dernier.
TULEAR - Il est 11 heures 45 à Anketa, dans le district de Tuléar I, au sud-ouest de Madagascar et près de 400 bénéficiaires participent au nettoyage de la ville et des infrastructures sportives suite au passage du cyclone Harune, il y a un peu plus de deux mois. Tiandrainy est l’un d’eux, chargé de superviser les travaux dans le quartier d’Anketa. Chef d’équipe, ce père de famille de 52 ans, donne les dernières consignes nécessaires au bon déroulement des travaux en amont de la prochaine distribution de vivres prévue dans le cadre des activités de Vivres contre travail du PAM.
«Nous avons tout perdu, confie-t-il. Alors que l’eau montait partout dans le quartier, j’ai mis ma femme et mes 2 enfants à l’abri. Dès le lendemain du passage de Haruna, nous sommes retournés à  la maison: l’eau a submergé toutes nos affaires ! Nous étions obligés de dormir dans la rue et  avons épuisé  nos économies car il fallait bien s’alimenter!» 
L’heure à la réhabilitation
La population d’Anketa vit de la pêche et de l’exploitation salinière. Malheureusement, le récent passage du cyclone Haruna dans le district de Tuléar a ravagé les aménagements agricoles et les habitations, a inondé les quartiers et endommagé infrastructures communautaires.  
Deux mois après le passage du cyclone, l’heure est à la réhabilitation. Les communautés affectées s’attèlent à assainir leur quartier des déchets occasionnés par les eaux et à drainer les canaux d’irrigation ensablés, en collaboration avec les partenaires du PAM : CARE International et Centre Diocésain de Développement. 
A une dizaine de kilomètres d’Anketa se trouve la commune de Miary, également très affectée par le passage du cyclone. Cette commune à vocation agricole  approvisionne en  grande partie le marché de Tuléar en produits maraîchers. La population y cultive du maïs, des haricots, du pois de cap et des brèdes, et vit de la production et la vente de charbon et de bois de chauffe. 
Roberte Joséphine, 45 ans et mère de 8 enfants, a vu sa maison détruite et ses cultures emportées par les inondations. “Nous avons épuisé les derniers stocks de maïs encore comestibles après Haruna, dit-elle. Ces travaux d’assainissement tombent à point nommé. Ils permettent de reconstruire les canaux d’irrigation pour pouvoir reprendre nos activités agricoles. La nourriture que nous recevons en échange du travail permet de subvenir à nos besoins alimentaires immédiats et à moyen terme ».  
Rations de maïs et de légumineuses
Ces travaux communautaires suivent la modalité Vivres-cotre-Travail et s’inscrivent dans le Programme de secours et de redressement lié au passage de catastrophes naturelles. Ils permettent de rebâtir la vie des populations affectées par les catastrophes naturelles et de restaurer rapidement leurs moyens de subsistance. Au total, le PAM assiste près de 13 000 personnes à travers ces travaux communautaires à Tuléar et Morombe, au sud-ouest de Madagascar. Ces districts ont été les plus durement affectés par le passage du cyclone Haruna. Chaque participant reçoit 2,4 kg de maïs et 300 g de légumineuses pour cinq heures de travail journalier.  
Pour Josephine et Tiandrainy, il faudra plus de temps pour que leur vie redevienne normale et pour qu’ils puissent vaquer à leurs occupations quotidiennes. Néanmoins, grâce aux vivres du PAM, leur redressement face aux chocs occasionnés par le passage du cyclone dans leur région peut commencer. « L’assistance alimentaire fournie par le PAM à travers ces travaux participatifs nous permettent de maintenir une consommation alimentaire convenable au moment où nos moyens de subsistance sont perturbés, voire même anéantis. Nous ne sommes plus obligés d’acheter de la nourriture, tout en nous relevant progressivement des séquelles du cyclone » nous explique Tiandrainy.