Irak : Fuir l’Etat islamique – l’histoire de Mohammed

Publié le 28 octobre 2016

Photos: WFP/Mohammed Al Bahbahani 

Mohammed a fui Ramadi, en Irak, au début de l'année dernière après avoir été obligé de vivre sous le régime d'Etat islamique. Maintenant qu’il est en sécurité, il aide le PAM dans la planification du soutien aux familles qui quittent la ville irakienne de Mossoul. "C’est la moindre de choses que je puisse faire ... Je comprends les moments difficiles qu’ils traversent." 

Mohammed a passé un an et demi sous le régime de l’Etat islamique après qu’ils aient pris sa ville natale de Ramadi, en Irak, il y a plus de deux ans. Après avoir réussi à fuir Ramadi au début de l’an dernier, Mohammed et sa famille ont survécu grâce aux vivres du Programme alimentaire mondial (PAM). Maintenant, il aide le PAM à préparer l’assistance qui sera fournie à ceux qui seront obligés de quitter Mossoul, suite à l’opération militaire qui y a commencé. Ceci est l'histoire de Mohammed.

« Quand l'Etat islamique avait pris ma ville en 2014, des roquettes tombaient comme la pluie. J'ai encore les cicatrices des blessures que j’ai eues sur mon épaule et bras gauche à cause des éclats d’obus. Ce fut un temps terrifiant et tout ce que je ne pensais qu’à la sécurité de ma famille.

Nos vies ont été bouleversées du jour au lendemain. J’avais peur tout le temps. Ils surveillaient tout ce que nous faisions, ce qu'on mangeait, ce qu’on portait… On était sujet à la peine de mort pour l'utilisation de téléphones portables.

Au fil du temps, il y avait si peu de nourriture. Nous avons vécu sans nourriture, sans eau ni  électricité pendant très longtemps. À un moment, je me souviens qu’une boîte de lait pour bébé coûtait 40 dollars et personne ne pouvait l'acheter. On avait l'impression qu'ils voulaient que nous revenions à l'âge de pierre où nous vivions uniquement du pain, des dates et de l'eau. Un de mes proches avait réussi à faire passer de la nourriture en contrebande par le désert, pour que nous ayons de quoi manger ; mais il a risqué sa vie pour faire cela. La vie était un véritable enfer.

"Je suis tellement reconnaissant pour la nourriture."

Cela a fait un voyage de deux semaines, une fois que nous avions réussi à fuir Ramadi. Nous n’avions rien d’autre à manger qu’un bout de pain et quelques dates. Mes enfants étaient déshydratés et ma femme allaitait encore notre plus jeune enfant ; c’était donc un moment difficile. Je suis tellement reconnaissant de la nourriture que le Programme alimentaire mondial nous a donnée, une fois que nous sommes arrivés au camp. Mes enfants étaient si heureux quand ils ont eu les biscuits, les dates et la nourriture en conserve.

Les camions arrivent dans les entrepôts du PAM chaque jour pour la préparation de la réponse prévue pour les besoins humanitaires liés à l'offensive militaire à Mossoul. Ici, les équipes déchargent de l'huile végétale et d'autres fournitures. Photo : PAM / Alexandra Murdoch

Aujourd’hui, je travaille dans l'entrepôt du PAM. Je m’occupe du déchargement des camions et du stockage des vivres dans l'entrepôt de sorte que cette assistance alimentaire soit prête pour aider les familles qui se trouvent dans la situation que nous avons vécue. C’est la moindre de choses que je puisse faire. Cela me permet d’acheter de la nourriture pour ma famille et en même temps, aider d'autres personnes qui ont dû fuir les conflits aussi. Je comprends les moments difficiles qu’ils traversent. Ils ont désespérément besoin de cette nourriture.

A gauche : Un camp pour les personnes déplacées dans le nord de l'Irak (juillet 2016). Le camp a reçu des vagues de déplacés pendant les deux dernières années, puisque les pics du conflit forcent les familles à fuir. A droite : les familles déplacées dans le nord de l'Irak n’ont que l’assistance qu’elles reçoivent des organisations humanitaires. Photos : PAM / Mohammed Al Bahbahani

Avant la prise de ma ville natale par l’État islamique, je me réveillais tous les jours ayant de l'espoir. Ma famille était en sécurité. J’avais un travail. Nous étions heureux. Aujourd’hui, j’attends le jour où nous pourrons y retourner. »

Mohammed a raconté son histoire à Alexandra Murdoch, chargée de communications du PAM.

Mohammed travaille pour Mercy Hands, organisation responsable de la gestion des entrepôts de vivres du PAM. Avec l'offensive à Mossoul en cours, le PAM et ses partenaires ont multiplié leurs efforts pour répondre aux besoins alimentaires immédiats des personnes touchées par le conflit.

Les bailleurs de fonds à l'appui des opérations d'aide alimentaire du PAM en Irak (par ordre alphabétique) : Allemagne, Arabie Saoudite, Australie, Belgique, Canada, la Commission européenne, Danemark, États-Unis, Finlande, Fonds central d'intervention d'urgence de l’ONU (CERF), France, Espagne, Irak, Islande, Italie, Japon, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas, République de Corée, Royaume-Uni, Suède, Suisse et des donateurs privés.