Haïti: une clinique de santé offre une bouée de sauvetage 3 ans après le séisme

Publié le 10 janvier 2013

Rousselène Jean avec son petit bébé Dawensly.

Copyright: WFP/Stéphanie Tremblay

L’assistance nutritionnelle offerte par le PAM et ses partenaires à ceux qui tentent toujours de reconstruire leurs vies trois ans après le séisme aide les mères les plus pauvres à garder leurs enfants en santé.

par Stéphanie Tremblay

Trois ans après le séisme, il y a moins de tentes, moins de gens sur le site de l’ancien aéroport militaire de Port-au-Prince. Beaucoup ont trouvé un nouveau toit. Malgré cela, ils sont encore plusieurs milliers dans ce camp à vivre entre les carcasses de vieux avions et hélicoptères militaires. 

Rousselène Jean espère encore quitter cet endroit qui est devenu chez elle il y a trois ans. Avec sa tante et son bébé Dawensly, elle partage une cahute fabriquée avec des planches de bois, des bouts de tôle et recouverte de vieilles bâches. À l’intérieur, quelques vêtements et un lit étroit où les deux femmes et le bébé s’entassent pour dormir. 
Même si c’est l’heure du déjeuner et que le petit réchaud au charbon de bois est bien en évidence juste à l’entrée de la maison, personne ne cuisine. Il n’y a pas de nourriture chez Rousselène ce jour-là. Pour gagner sa vie, elle fait des lessives. Mais en ce moment, elle travaille peu. Elle et sa tante se débrouillent comme elles peuvent pour trouver au quotidien de quoi subvenir à leurs besoins. 
«Sans l’aide que je reçois, ce serait difficile d’avoir suffisamment à manger,» dit-elle en parlant des compléments nutritionnels du Programme Alimentaire Mondial (PAM) qu’elle reçoit depuis le début de sa grossesse. 
Son bébé est né il y a quelques mois à peine et Rousselène l’allaite toujours. Le petit Dawensly est potelé et a l’air en bonne santé. «Tout va bien,» dit sa mère. Les infirmières du centre de santé situé au milieu du camp qu’elle fréquente régulièrement confirment le diagnostic. La bouillie à base de farine de soja et de maïs enrichie, d’huile et de sucre qu’elle mange tous les jours continue de faire une grande différence. 
Approche préventive
«Je n’aurais jamais cru que ce serait encore comme ça trois ans plus tard,» dit Anne-Rose Saint-Preux, une des responsables du centre de santé géré par la Fondation pour le Développement de la Famille haïtienne (FONDEFH) et soutenu par le PAM, UNICEF et d’autres organisations. «Il y a toujours du monde.»
Le centre du camp l’Aviation a été mis sur pied rapidement après le séisme pour pouvoir offrir des services de santé de base gratuitement aux milliers de déplacés. Trois ans plus tard, elle constate que la demande ne diminue pas mais que les gens viennent maintenant de plus loin pour avoir accès aux services de santé. 
Parmi les progrès des trois dernières années, elle constate que l’état nutritionnel des enfants, des femmes enceintes et des mères qui allaitent s’améliore. «On fait beaucoup d’éducation, dit-elle. Quand on voit une femme dès la grossesse, on ne va pas revoir les enfants malnutris.» 
Sylvania Nelson est un bon exemple des succès du partenariat FONDEFH-PAM dans le camp. Elle doit accoucher au cours des prochaines semaines et a commencé à recevoir les compléments nutritionnels du PAM dès le début de sa grossesse. Elle est aussi la mère d’une petite de trois ans, Erika, qui reçoit une pâte d’arachides fortifiée conçue spécialement pour prévenir la malnutrition. 
La petite Erika, ne se doute peut-être pas que cette pâte d’arachides –ou mamba en créole- contribue à la garder en santé, mais elle sait que la boîte blanche et orange lui appartient. À peine sortie de la clinique, elle fouille dans le sac de produits du PAM que sa mère vient d’obtenir, récupère la boîte de pâte d’arachides et la garde précieusement contre elle. 
«L’approche préventive, ça aide beaucoup,» ajoute Anne-Rose Saint-Preux de FONDEFH.  
La clinique et son personnel sont devenus familiers pour Sylvania. Sa tente est à quelques mètres à peine de la petite construction et elle y vient régulièrement depuis son ouverture. Sa famille a peu de ressources, mais elle a la garantie d’un accès à des services qui aident ses enfants à grandir en santé.