Côte d’Ivoire : une mère séropositive retrouve le moral et la force avec le soutien du PAM

Publié le 09 juillet 2013

Solange à son étal de vente de galettes ivoiriennes. Fière et indépendante, elle reconstruit sa vie avec l'appui du PAM.   

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Qui rencontre Solange aujourd’hui, assise à son étal de vente de galettes ivoiriennes au Marché Mo Faitai à Yamoussoukro, ne peut s’imaginer les moments de détresse et de pauvreté qu’elle a vécus. Solange vit avec le VIH, depuis 2005. Abandonnée et rejetée par sa famille, Solange s’est tournée vers RSB, une ONG locale partenaire du PAM. Aujourd’hui, Solange gagne bien sa vie, s’occupe de ses enfants et prend également des cours d’alphabétisation.

par Marie-Josiane Ogou

ABIDJAN-  Avant qu’elle ne découvre sa séropositivité, Solange a vu son corps dépérir et se dégrader, les  boutons envahir son être. Pensant que son mal relevait de la sorcellerie, elle s’est tournée vers les marabouts et a bu toute sorte de décoctions. Mais son mal ne faisait qu’empirer. Le  zona, la même maladie qui a tué son mari, est apparu.  Sa famille l’a alors rejetée et abandonnée. « Une nuit sa famille l’a mise hors de la maison sous la pluie avec bagages et ses 2 enfants », nous apprend M. Diomandé, Directeur de l’ONG Renaissance Santé de Bouaké (RSB) , Antenne de  Yamoussoukro, là où elle viendra chercher de l’aide.  
Désir de résister
RSB la dirige vers le Centre Hospitalier Régional de Yamoussoukro, sa séropositivité est découverte. Elle est abattue, pense au suicide, mais le désir de résister et de lutter est plus fort. Solange dit,  je me suis demandé  « ai-je le droit de laisser mes 2 enfants, déjà orphelins de père, seuls ?  Donc, malgré sa pauvreté et son dénuement elle va résister. Elle reçoit le soutien psycho-social de la cellule Education Aux Traitements (EAT), de RSB. Elle est admise comme cliente du Programme ARV. Vu son état de dénutrition, elle est admise dans un programme d’appui nutritionnel du PAM.
Le PAM apporte un soutien nutritionnel à près de 8 700 personnes atteintes du VIH/sida en Côte d’Ivoire. 
Entrepreneuse sociale
Depuis 2005, elle n’a cessé de prendre ses ARV. «Si l’appui nutritionnel du PAM m’avait remonté, donné la force nécessaire pour  entreprendre une  activité  cela ne pouvait suffire, il me fallait un moyen de subsistance » indique-t-elle. RSB  viendra à nouveau à son secours avec un programme de micro activités génératrices de revenus. Dans un premier temps, Solange a reçu un montant  de 10 000 frs (environ 20 USD). Elle a fait les premiers achats pour son entreprise de vente de galettes, d’abord sous un manguier dans la cour commune. Deux prêts (200 USD, & 300 USD déjà remboursés) ont permis la professionnalisation de son affaire, qui est suivie par RSB.  Elle s’est installée au Marché Mo Faitai. 
«Mon affaire marche. J’en suis fière. J’ai connu la souffrance. Aujourd’hui ça va. Je peux pourvoir  mes besoins, à ceux de mes 2 enfants. Mon aîné passera bientôt l’examen du baccalauréat, et mes parents qui m’avaient rejetée hier me sollicitent en cas de besoins financiers. Sans rancune, je les aide ».
Une lueur d’espoir
Les ONG de lutte contre le Sida sont souvent confrontées à la problématique d’assistance à leurs clients passé le cap du relèvement nutritionnel c’est-à-dire comment les aider à devenir auto-suffisant. Le PAM et l’UNICEF ont ainsi appuyé l'organisation de deux ateliers avec 44 participants représentant 18 ONG locales sur l'élaboration des plans d'affaires de l'impact social afin de développer les compétences des ONG dans la mobilisation des ressources. Douze plans d'affaires ont déjà été élaborés conformément aux normes de l'OI dont cinq ont été financés au cours du premier trimestre de 2013 par le Fonds National de Lutte contre le Sida (FNLS).
Ambitieuse, Solange prend des cours d’alphabétisation fonctionnelle, car elle veut diversifier ses activités, poursuivre son combat, défier la maladie. Une lueur d’espoir brille dans ses yeux quand nous la quittons ce jour-là.