Chaque sècheresse ne doit pas être un désastre

Publié le 28 octobre 2016

Sauver des vies, changer des vies à Madagascar.

Trois années consécutives de sécheresse et de mauvaises récoltes ont laissé le sud de Madagascar confronté à l'une de ses pires crises de ces derniers temps.

On estime que 1,2 million de personnes, soit deux personnes sur trois dans la région, souffrent d'insécurité alimentaire et ne sachant pas d'où viendront leurs prochains repas. Le nombre de personnes gravement touchées par l'insécurité alimentaire devrait augmenter à partir de novembre.

Avec les stocks alimentaires domestiques diminuant rapidement, les familles sont forcées de prendre des mesures désespérées comme la mendicité et la vente de leurs vêtements, ustensiles de cuisine et même leurs terres. Un grand nombre migre à la recherche de nourriture et de travail, et quatre familles sur dix ont déjà mangé leurs stocks vitaux de semences, ne laissant rien pour la saison de plantation de novembre à décembre.

La Directrice exécutive du Programme alimentaire mondial (PAM), Ertharin Cousin, a visité le pays au début du mois d'octobre.

« La situation est extrêmement inquiétante », a-t-elle dit. « J'ai rencontré des femmes qui m'ont dit qu'elles n'avaient rien pour nourrir leurs bébés, si ce n'est le fruit du cactus rouge qui poussait au bord de la route. »

Tandis que la sécheresse aggrave les souffrances de centaines de milliers de personnes dans le sud de Madagascar, le PAM s'emploie à fournir une bouée de sauvetage aux personnes touchées, renforçant son aide pour empêcher le plus grand nombre de personnes de sombrer en insécurité alimentaire grave.

Avec un financement adéquat et pour appuyer la réponse humanitaire du gouvernement malgache, le PAM intensifiera ses activités à partir de novembre afin de toucher 1 million de personnes avec de l'assistance alimentaire et en espèces.

Lorsque les marchés fonctionnent, les transferts monétaires sont l'option privilégiée pour fournir une assistance, car ils permettent aux populations de choisir leur propre nourriture et contribuent à stimuler l'économie locale.

Le PAM intensifie également son programme de nutrition pour prévenir et soigner la malnutrition aiguë chez plus de 200 000 femmes enceintes, mères allaitantes et enfants de moins de 5 ans. Certaines régions du sud montrent des taux de malnutrition aiguë globale (GAM) supérieurs à 15%, le seuil d'urgence de l'Organisation mondiale de la santé.

Lorsque la nourriture est rare, les filets de sécurité sociale comme les repas scolaires sont vitaux. Le PAM fournit actuellement un repas chaud quotidien à 230 000 enfants des écoles primaires, soit 42% des élèves du primaire dans le sud.

Le PAM envisage d'atteindre encore plus d'enfants grâce à son programme de repas scolaires dès le début de 2017, en collaborant avec le Gouvernement malgache, l'UNICEF, la Banque mondiale et autres partenaires.

La capacité du PAM de répondre aux besoins croissants dans le sud de Madagascar dépendra de l'obtention de fonds.

« Ce financement nous permettra également d'investir dans les moyens de subsistance des populations », a déclaré la Directrice executive, « afin de ne pas seulement sauver des vies, mais changer des vies et briser le cycle des interventions d'urgence.»