Côte d’Ivoire: témoignages de réfugiés sur le terrain

Publié le 05 avril 2011

Zeh Apoline (à gauche), Tia Paul et Foan Theolile font partie des 150 000 réfugiés ivoiriens qui reçoivent une aide alimentaire du PAM.

Copyright: WFP/Roslyn Ratliff

Alors que la crise s’aggrave en Côte d’Ivoire, le PAM apporte une aide alimentaire à près de 150 000 personnes ayant traversé la frontière vers le Libéria. Dans la région cacaoyère à l’est du Libéria, trois réfugiés ivoiriens racontent leur histoire, pleine de défis et d’espoir, en attendant de pouvoir rentrer chez eux.

par Roslyn Ratliff

 BUUTUO- A peine remise de la guerre civile au Libéria, la région avoisinante de la ville de Buutuo accueillent des réfugiés d’un autre conflit - celui qui sévit en Côte d’Ivoire voisine. Depuis le début de la crise ivoirienne en novembre dernier, les camps de réfugiés, situés dans cette zone frontalière du Libéria, accueillent des familles qui ont été forcées de tout quitter derrière elles pour trouver refuge loin des combats.

Dans un centre de distribution alimentaire, là où les familles, exténuées, font la queue pour recevoir un repas chaud et nutritif, nous nous sommes entretenus avec trois réfugiés qui nous ont raconté leur histoire :
 
Mère d'un fils amputé
«Je m’inquiète trop pour ma famille pour penser à l’avenir,» raconte Foan Thelile, arrivée au Libéria après avoir cherché en vain un médecin, à Abidjan, pour son fils souffrant d’une infection de la jambe. Son état était tellement critique que, peu après leur arrivée, sa jambe a dû être amputée. Après l’opération, Foan et sa famille se sont retrouvés dans le camp de réfugiés de Bahn où ils dépendent désormais de l’aide alimentaire. « J’ai un seul souhait : que tout revienne à la normale pour que nous puissions rentrer chez nous, » ajoute-elle. 
 
Fermier de cacao
«Je veux rentrer chez moi dès que possible,» explique Tia Paul. Lorsque les violences ont commencé en novembre dernier, il a abandonné son exploitation de cacao et de café pour accompagner sa famille de 12 personnes jusqu’au Libéria. Tia s’inquiète pour sa ferme, mais il est heureux d’avoir de quoi manger, et un abri chez de la famille pendant ces temps difficiles. En remerciements, Tia aide à sa famille d’accueil dans leurs tâches agricoles. A terme, il aimerait lancer sa propre petite exploitation agricole  au Libéria, qui représenterait, selon lui, un filet de sécurité pour l’avenir  
 
Veuve de guerre
Zeh Apoline a perdu son mari et ses trois enfants pendant la guerre civile de 2002-2004 en Côte d’Ivoire. Lorsque les violences ont éclaté en novembre dernier, elle a entrepris, seule, le trajet d’une semaine jusqu’à la frontière avec le Libéria. Elle est arrivée épuisée et malade, et reprend lentement ses forces grâce à des repas réguliers. « Une fois guérie, je veux aller quelque part où les personnes m’acceptent et me considèrent comme faisant partie de leur famille.»
 
La réponse du PAM
 Alors que les tensions politiques s’aggravent en Côte d’Ivoire, le PAM a lancé une opération d’urgence pour venir en aide aux 150 000 réfugiés qui ont traversé la frontière vers le Libéria et à plus de 125 000 personnes déplacées en Côte d’Ivoire. En savoir plus