Birmanie: le PAM renforce sa réponse auprès des nouveaux déplacés dans l’état de Rakhine

Publié le 02 novembre 2012

Mubarakatu, 20 ans, et sa fille de 3 mois, font partie des milliers de personnes qui ont été déplacées par les récentes violences dans l'état de Rakhine.

Copyright: WFP/Marcus Prior

Daw Thin Mya a des yeux intelligents qui brillent derrière ses lunettes. Entrepreneuse et mère de 4 enfants, elle est assise devant un ‘foyer’ temporaire en bois et en tôles ondulées où elle vit actuellement avec neuf autres familles.
SITTWE – «Je ne sais même pas si ma maison tient toujours debout, » indique Daw Thin. «J’avais de l’électricité, de l’eau, même une télévision avec un décodeur satellite…tout ! Mais je ne peux pas rentrer en ce moment.»
Daw Thin avait son propre atelier de fabrication de briques à Sittwe mais suite aux violences ethniques qui ont éclaté dans l’état de Rakhine en juin, Daw Thin et des milliers d’autres personnes- des musulmans comme elle ainsi que les non-musulmans- ont été obligés d’abandonner leur maison et dépendent désormais d’une assistance externe. 
Aujourd’hui, Daw Thin habite à Thet Kae Pyin, une communauté musulmane au nord-ouest de Sittwe, à environ 20 minutes en voiture. Son fils de 23 ans a été tué pendant les affrontements et récemment pour la première fois de sa vie, elle a été diagnostiquée avec de l’hypertension. 
Depuis juin, le PAM assure un cycle continu de distributions alimentaires auprès de 65 000 personnes déplacées. Cette opération a été renforcée suite à une recrudescence de violence ces deux dernières semaines qui ont déplacé 35 000 personnes supplémentaires.
À partir de la base opérationnelle du PAM à Sittwe, les bateaux sont chargés et déployés quotidiennement pour acheminer des vivres essentiels aux personnes touchées par le conflit et les déplacements. Même si les conditions de sécurité restent précaires, l’accès s’améliore progressivement et le PAM travaille avec les autorités locales pour assurer un passage sûr pour les vivres et le personnel.
Parmi les vivres acheminés depuis Sittwe se trouvent également des rations de produits fortifiés destinés à prévenir la malnutrition chez les plus vulnérables notamment les jeunes enfants. En cette fin de période annuelle de soudure, de nombreux enfants viennent juste de traverser une période particulièrement difficile et ont besoin actuellement d’une assistance alimentaire ciblée.
Les violences ont affecté toutes les communautés dans une certaine mesure. Dans un autre camp de déplacés situé à l’intérieur même de Sittwe, nous avons rencontré Ma Phyu, 63 ans, provenant elle aussi de l’état de Rakhine. Ma Phyu a aussi perdu sa maison en juin lorsqu’elle elle a dû fuir vers la ville avec sa famille. «Je ne peux même pas songer à rentrer chez moi- tout a été brulé et je n’ai plus rien,» indique-t-elle.